Ibid. Le calomniateur était impitoyablement condamné au même supplice qu'aurait subi l'accusé, si le crime s'était trouvé véritable.
Ibid. Celui qui, pouvant sauver un homme attaqué, ne le faisait pas, était puni de mort aussi rigoureusement que l'assassin. Que si l'on ne pouvait secourir le malheureux, il fallait du moins dénoncer l'auteur de la violence; et il y avait des peines établies contre ceux qui manquaient à ce devoir. Ainsi les citoyens étaient à la garde les uns des autres, et tout le corps de l'état était uni contre les méchants.
Diod. lib. 1 pag. 69. Il n'était pas permis d'être inutile à l'état [90]: chaque particulier était tenu d'inscrire son nom et sa demeure sur un registre public qui demeurait entre les mains du magistrat, d'y marquer sa profession, et de déclarer d'où il tirait de quoi vivre. Si l'on énonçait faux, la peine de mort s'ensuivait.
[Note 90: ][ (retour) ] Cette loi fut faite par Amasis, et Solon la transporta à Athènes (Hérodote II, § 177).--L.
Herod. l. 2, cap. 136. Pour empêcher les emprunts, d'où naissent la fainéantise, les fraudes, et la chicane, le roi Asychis avait fait une ordonnance fort sensée. Les états les plus sages et les mieux policés, comme Athènes et Rome, ont toujours été embarrassés pour trouver un juste tempérament pour réprimer la dureté du créancier dans l'exaction de son prêt, et la mauvaise foi du débiteur qui refuse ou néglige de payer ses dettes. L'Égypte prit un sage milieu, qui, sans toucher à la liberté personnelle des citoyens, et sans ruiner les familles, pressait continuellement le débiteur par la crainte de passer pour infame, s'il manquait d'être fidèle. Il n'était permis d'emprunter qu'à condition d'engager au créancier le corps de son père, que chacun dans l'Égypte faisait embaumer avec soin, et conservait avec honneur dans sa maison, comme il sera dit dans la suite, et qui pouvait, par cette raison, être aisément transporté. Or c'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer assez promptement un gage si précieux; et celui qui mourait sans s'être acquitté de ce devoir était privé des honneurs qu'on avait coutume de rendre aux morts.
Diod. lib. I, pag. 71. Diodore remarque une faute qu'avaient commise quelques législateurs de la Grèce. Ils défendaient qu'on pût, par exemple, enlever pour dettes, à des laboureurs, leurs chevaux, leurs charrues, et les autres instruments dont ils se servaient pour cultiver la terre, parce qu'ils trouvaient de l'inhumanité à réduire par là ces pauvres gens à l'impossibilité et de payer leurs dettes et de gagner leur vie: mais en même temps ils permettaient d'emprisonner les laboureurs mêmes, qui seuls peuvent faire usage de ces instruments; ce qui les exposait aux mêmes inconvénients, et d'ailleurs enlevait à l'état des citoyens qui lui appartiennent, qui lui sont nécessaires, qui travaillent pour l'utilité publique, et sur la personne desquels le particulier n'a aucun droit.
La polygamie était permise en Égypte [91], excepté aux Pag. 72. prêtres, qui ne pouvaient épouser qu'une femme. De quelque condition que fût la femme, libre ou esclave, les enfants étaient censés libres et légitimes.
[Note 91: ][ (retour) ] Hérodote dit au contraire que les Égyptiens n'avaient qu'une femme.
Pag. 22. Ce qui marque le plus les profondes ténèbres où étaient plongées les nations qui passaient pour les plus éclairées, est de voir qu'en Égypte le mariage des frères avec les sœurs était non-seulement autorisé par les lois, mais fondé en quelque sorte sur leur religion même, et sur l'exemple des dieux le plus anciennement et le plus généralement honorés dans le pays, savoir Osiris et Isis.
Herod. l, 2, cap. 80. Les vieillards étaient fort respectés en Égypte. Les jeunes gens étaient obligés de se lever devant eux, et de leur céder partout la place d'honneur. C'est de là que cette loi a passé à Sparte.