Feu de Dieu,
Endors tes douleurs,
Ta force et ta vigueur,
Comme Judas perdit ses couleurs
En trahissant Jésus-Christ
Pour un baiser
Aux jardins de l’olive.
Contre le mal de dents, il récitait l’oraison:
Sainte Apolline s’est assise
Sur la pierre de marbre.
Notre-Seigneur, passant par là ,
Lui dit: Apolline, que fais-tu là ?
Apolline, retourne-t’en.
Si c’est une goutte de sang,
Elle tombera.
Si c’est un ver,
Il périra.
Contre la surdité, il broyait des œufs de fourmi dans de l’huile et en faisait couler quelques gouttes dans l’oreille malade. Il guérissait un mal de reins en se ceignant avec une ficelle de fouet. Les verrues se fondaient par enchantement, si, ayant pris une mèche de cheveux à la tête du plaignant, on la pinçait dans la fente d’une branche d’églantier, coupée le jour de l’Ascension. Quand la branche devenait sèche, la verrue tombait. Il savait qu’un enfant ne souille plus sa bavette, si on lui fait toucher la croix de l’âne. Et il n’ignorait pas que, si la lune se perd tous les mois, c’est que le Bon Dieu en fait des étoiles.
Sa besogne finie, il aimait à fredonner en plein champ quelque bout de chanson qu’il apprenait à Simon. Deux ou trois avaient ses préférences comme celle de la Lisette:
De bon matin se lève la Lisette,
Prend son seau, s’en va à la fontaine.
En son chemin, fait mauvaise rencontre.
Rencontre trois jeunes capitaines.
—Où allez-vous, la tant belle Lisette?
—M’en vais quérir un peu d’eau pour boire.
—Sauriez-vous pas un cabaret pour boire?
—N’en connais qu’un, c’est celui de mon père.
Y sont allés, et ont tué père et mère.
Ou la chanson de la Margui:
Quand la Margui va à la fontaine,
Elle marche pas, court toujours.
Tiroun
Eio gue gue, de liroun de liretto,
Eio gue gue, de liretto.
Elle marche pas, court toujours.
Dans son chemin, trouve l’amour.
Dans son chemin, trouve l’amour.
L’amour lui dit: Embrassons-nous...