BIBLIOGRAPHIE.

Il existe un grand nombre de bons livres sur le droit public romain en général et sur l'histoire générale de l'Empire.—Les t. I à VII du Manuel des antiquités romaines de Marquardt et Mommsen (trad. fr., par P.-F. Girard, en cours de publication) traitent du «Droit public romain».—Les Manuels plus sommaires de P. Willems (Le droit public romain, Louvain, 1888, 6e éd.) et de A. Bouché-Leclercq (Manuel des institutions romaines, Paris, 1886, in-8º) sont aussi très recommandables.—Parmi les histoires générales de l'Empire romain, celles de MM. Mommsen, Herm. Schiller et Duruy sont classiques.

L'histoire de la Gaule romaine a été récemment l'objet de travaux considérables. Ceux de M. E. Desjardins (Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, Paris, 1876-1885, 3 vol. in-8º) et de M. Fustel de Coulanges sont au premier rang. M. Fustel de Coulanges, cet historien sincère, profond, systématique, cet admirable écrivain, a laissé une Histoire des institutions politiques de l'ancienne France, inachevée, dont le t. Ier, La Gaule romaine (Paris, 1891, in-8º) a été publié après la mort de l'auteur par M. C. Jullian. Cf., du même, Recherches sur quelques problèmes d'histoire, Paris, 1885, in-8º.—M. C. Jullian a publié un livre élémentaire, agréable: Gallia. Tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine (Paris, 1892, in-16); il y expose le gouvernement de la Gaule sous l'Empire (assemblées, régime municipal, impôts, armées), l'état social, l'art, l'enseignement, la littérature, la religion, etc.; il décrit les cités de la Narbonnaise, de la Belgique et de l'Aquitaine; il traite enfin de l'unité morale de la Gaule et du patriotisme gallo-romain.—Il n'y a plus rien à faire de l'ouvrage d'Am. Thierry, Histoire de la Gaule sous l'administration romaine, Paris, 1840-1842, in-8º.

L'histoire des derniers temps du paganisme et des rapports du christianisme avec l'Empire a été traitée par quelques-uns des érudits, des philosophes et des écrivains les plus éminents du siècle présent. Il faut lire surtout, en français: A. de Broglie, L'Église et l'Empire romain au IVe siècle, Paris, 1856, 4 vol. in-8º;—E. Renan, Histoire des origines du christianisme, Paris, 1865-1882, 7 vol. in-8º, avec index;—L. Duchesne, Les origines chrétiennes, leçons d'histoire ecclésiastique, Paris, lithographie Blanc-Pascal, s. d.;—G. Boissier, La fin du paganisme. Étude sur les dernières luttes religieuses en Occident au IVe siècle, Paris, 1894, 2 vol. in-16, 2e éd.;—J. Réville, Les origines de l'épiscopat. Étude sur la formation du gouvernement ecclésiastique au sein de l'Église chrétienne dans l'Empire romain, Paris, 1894, in-8º;—R. Thamin, Saint Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècle, Paris, 1895, in-8º.—Lire en allemand: V. Schultze, Geschichte des Untergangs des griechisch-römischen Heidenthums, Iena, 1887-1892, 2 vol. in-8º;—O. Seeck, Geschichte des Untergangs der antiken Welt, Berlin, 1895, 2 vol. in-8º.—Voir, plus bas, la liste des Manuels généraux d'histoire ecclésiastique, Bibliographie du ch. XIII.

Sur l'introduction du christianisme en Gaule, consulter les travaux de MM. E. Le Blant (Manuel d'épigraphie chrétienne, d'après les marbres de la Gaule, Paris, 1869, in-12; etc.) et L. Duchesne (Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, Paris, 1894, in-8º).—Les ouvrages de MM. Chevallier (Les origines de l'église de Tours, avec une étude générale sur l'évangélisation des Gaules, Tours, 1871, in-8º) et Lecoy de la Marche (Saint Martin, Tours, 1881, in-4º) ne sont pas sûrs.


I—ROMANI, ROMANIA.

Les habitants de Rome se sont appelés de tout temps, dans leur langue, Romani. Ce mot est formé du nom Roma et du suffixe -ano, un de ceux à l'aide desquels la langue latine tirait du nom d'un pays ou d'une ville celui de ses habitants. Longtemps après la soumission de l'Italie et des autres provinces qui composèrent leur empire, les Romani se distinguèrent des peuples qui vivaient sous leur domination. Ceux-ci conservaient leur nom originaire: ils étaient Sabins, Gaulois, Hellènes, Ibères, et n'avaient pas le droit de s'appeler Romains, nom réservé à ceux qui tenaient le droit de cité de leur naissance ou qui l'avaient reçu par une faveur spéciale. Insensiblement cette distinction s'effaça, surtout après que l'édit célèbre de Caracalla eut fait des citoyens romains de tous les habitants de l'empire: In orbe Romano qui sunt, dit Ulpien, ex constitutione imperatoris Antonini cives Romani effecti sunt. Le voisinage menaçant des Barbares, qui pressaient l'empire de plusieurs côtés, rendit bientôt plus général l'emploi du mot de Romani pour désigner les habitants de l'empire par opposition aux mille peuples étrangers qui en bordaient et qui déjà commençaient à en franchir les frontières. Les écrivains du IVe et du Ve siècle parlent avec orgueil de cette nouvelle nationalité romaine, de cette fusion des races dans une seule patrie. Quis jam cognoscit, dit saint Augustin, gentes in imperio Romano quæ quid erant, quando omnes Romani facti sunt et omnes Romani dicuntur? C'est en parlant de l'empire qu'Apollinaris Sidonius écrivait: In qua unica totius orbis civitate soli Barbari et servi peregrinantur. Les poètes ne manquèrent pas de célébrer cette grande œuvre. Les vers de Rutilius Namatianus sont célèbres:

Fecisti patriam diversis gentibus unam;
Urbem fecisti quæ prius orbis erat.