BIBLIOGRAPHIE.
L'histoire des premiers rois capétiens et des institutions monarchiques en France au XIe et au XIIe siècle a été faite d'une manière définitive par M. A. Luchaire: Histoire des institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens, 987-1180, Paris, 1801, 2e éd.—H. Luchaire a poussé l'histoire des institutions françaises jusqu'à la fin du XIIIe siècle dans son Manuel des institutions françaises. Période des Capétiens directs, Paris, 1892, in-8º.—Enfin il a publié une courte histoire de Philippe Auguste (Paris, s. d., in-16).
Le règne capital de Philippe Auguste n'a pas encore été l'objet d'une monographie définitive, quoique l'histoire en soit aujourd'hui facile à faire. Les opuscules de MM. Williston Walker (On the increase of royal power in France under Philip Augustus, Leipzig, 1888, in-8º), R. Davidsohn (Philip II August von Frankreich und Ingeborg, Stuttgart, 1888. in-8º) et A. Cartellieri (L'avènement de Philippe Auguste, dans la Revue historique, 1893 et 1894), sont estimables.
Sur le règne de Louis VIII: Ch. Petit-Dutaillis, Étude sur la vie et le règne de Louis VIII, Paris, 1895, in-8º.
L'histoire du règne de Louis IX a été écrite par deux historiens consciencieux: F. Faure, Histoire de saint Louis, Paris, 1865, 2 vol. in-8º;—H. Wallon, Saint Louis et son temps, Paris, 1875, 2 vol. in-8º.—Mais les derniers résultats de la science se trouvent dans des monographies, dont les plus recommandables sont: E. Boutaric, Saint Louis et Alphonse de Poitiers, Paris, 1870, in-8º;—A. Molinier, Étude sur l'administration de Louis IX et d'Alphonse de Poitiers (1226-1271), dans l'Histoire générale de Languedoc (éd. Privat), VII, p. 462;—E. Boutaric, Marguerite de Provence, femme de saint Louis, Paris, 1868, in-8º, extr. de la Revue des questions historiques, t. III;—R. Sternfeld, Karl von Anjou als Graf des Provence, Berlin, 1888, in-8º;—P. Fournier, Le royaume d'Arles et de Vienne, Paris, 1891, in-8º;—É. Berger, Saint Louis et Innocent IV, étude sur les rapports de la France et du Saint-Siège, Paris, 1893, in-8º;—le même, Histoire de Blanche de Castille, reine de France, Paris, 1895, in-8º.
M. A. Lecoy de la Marche est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages de vulgarisation sur le règne de Louis IX: Saint Louis, son gouvernement et sa politique, Paris, 1887, in-8º;—La France sous saint Louis, Paris [1894], in-8º;—etc.
I.—LOUIS LE GROS ET SA COUR.
LES GARLANDE.—RAOUL DE VERMANDOIS.—SUGER.
Louis VI, dont Suger vante «la belle figure et la prestance élégante», tenait de son père sa haute taille et la forte corpulence à laquelle il doit son surnom de «Gros», déjà populaire au XIIe siècle. Sa tendance à l'obésité, entretenue par un formidable appétit de chasseur, était sensible dès 1119, époque où Orderic Vital vit au concile de Reims «ce grand et gros homme au teint blême, à la parole facile». Un chroniqueur anglais, fort malveillant du reste, raille cruellement Philippe et Louis, «qui, dit-il, ont fait de leur ventre un dieu, et le plus funeste de tous. Le père et le fils ont tellement dévoré que la graisse les a perdus. Philippe en est mort, et Louis, quoique fort peu âgé, n'est pas loin de subir le même sort.» L'obésité devint en effet pour Louis, comme elle l'avait été pour Philippe, une insupportable maladie. A l'âge de quarante-six ans, il ne pouvait plus monter à cheval. Les excès de table contribuèrent peut-être, autant que les chaleurs torrides de l'été de 1137, à provoquer la dysenterie qui l'emporta.