ABOULER: Se dit dans le peuple d’un récalcitrant qui ne veut pas payer; abouler la monnaie.

Aboulez donc, mon vieux, faut y passer.

On dit aussi à quelqu’un qui attend: Un peu de patience, il va abouler (Argot du peuple).

ABOYEUR: Nom donné dans les prisons à l’auxiliaire chargé d’appeler les détenus à voix haute pour le greffe ou pour l’instruction.

Ce nom est également donné aux crieurs qui, dans les ventes publiques, aboient la mise à prix des objets à adjuger (Argot des voleurs).

ABREUVOIR: La boutique du marchand de vins où les ouvriers ont l’habitude chaque matin de boire la goutte.

Quand la station a été trop prolongée, que l’homme rentre au logis éméché dans les grandes largeurs, la ménagère lui dit d’un ton rogue: As-tu assez abreuvé ton cochon? (Argot du peuple).

ACCAGNARDIR (s’): Être indolent qui s’amuse à des bagatelles, qui piétine sur place et dormirait, comme dit le proverbe, le cul dans la rivière par dix degrés au-dessous de zéro (Argot du peuple).

ACCIDENTIER: Voleur qui profite des accidents, et sait au besoin les faire naître pour dévaliser ceux qui en sont les victimes.

Le voleur s’empresse autour du blessé, et pendant que lui et un de ses complices le portent chez le pharmacien, ils dévalisent le pauvre diable en route.