Nous voici au point culminant : A force d’être fraternels, arriver à découvrir le Père ; à force de fidélité, arriver à pressentir les choses éternelles à travers celles qui passent, c’est le but de la vie. Ici convergent tous les sentiers sur lesquels nous avons marché. Ici l’idéal trouve sa couronne. Ici se constitue l’unité suprême. C’est pour cela que les fleurs sont belles, que brillent les étoiles, que l’éternelle énigme de l’amour renaît tous les printemps. C’est pour cela que l’homme peine, travaille, pleure. Heureux s’il lui est donné d’extraire de toute l’existence, comme un pur parfum, ce credo filial qui est à l’amour instinctif de la vie, ce qu’est à l’impression obscure un sentiment émergé en pleine conscience, ce qu’est au premier sourire de l’enfant la déclaration du jeune homme lorsque dans un élan de tendresse il s’écrie : ma mère !
Telle est la voie où nous t’invitons à marcher, élite aimée de notre jeunesse ! Du sein de tes labeurs, de tes douleurs, des luttes de ton intelligence avec les ténèbres, et de ta volonté avec le mal, élève ton cœur vers ces vérités si vieilles et si neuves, si familières et si oubliées ! Laisse souffler sur ta tête le vent de l’Esprit ! Connais du mystère et l’épouvante et la tendresse, et puisses-tu, sur ta route confondue avec celle de l’humanité, voir monter l’aube attendue ! Ainsi tu vaincras le mal que tu recueilles avec l’héritage de tes aînés. Quant au bien qu’ils ont fait, tu le feras fructifier au centuple. En mettant cet esprit dans leur vaste outillage scientifique, dans les merveilleuses conquêtes qu’ils te laissent, quelle œuvre tu pourras accomplir ! Puisses-tu devenir ainsi, en ce temps divisé, fatigué, usé, cette force dont parle quelque part notre Michelet en disant : « Qu’un jour elle enlèvera le vieux monde dans un souffle de Dieu » !
TABLE ANALYTIQUE
DES MATIÈRES
LIVRE I | ||
Pages | ||
I. | Les conquêtes du siècle. — Idée et plan du livre. | |
| Pour comprendre la jeunesse actuelle, il fautd’abord étudier le siècle dont elle sort. Caractéristiquedu siècle : La science inductive.Son but, ses labeurs, ses résultatsbienfaisants. | ||
II. | Les pertes du siècle. — L’envers de la médaille.La science spécialisée et matérialisée.Triomphe des sciences dites positives. | |
| Négations et conclusions hâtives : Matérialisme.L’homme diminué. | ||
| Conséquences de cet état de choses dans laphilosophie, les arts, la littérature, la pédagogie,les relations sociales et internationales. | ||
III. | Les contradictions du siècle. — Définition duRéalisme et de l’Esprit moderne. Leur incompatibilité.Leur coexistence dans lesmêmes esprits. Crise qui en résulte, compliquéeencore par le mouvement réactionnaire. | |
| Comment sortir de la crise ? Par le retour àla pensée normale et à la vie normale, c’est-à-direà l’esprit moderne. Ce serait l’œuvrede la jeunesse. En a-t-elle conscience ? | ||
LIVRE II | ||
I. | Le monde de la jeunesse. — La jeunesse engénéral. Sa tendance à exagérer l’œuvre desprédécesseurs. Ses travers. L’éternelle querelledes vieux et des jeunes. | |
| La jeunesse, ce qu’il y a de pire et ce qu’il y ade meilleur. Jeune vie, espérance et douleur.Ceux qui souffrent des fautes desaînés et se disposent à les réparer. | ||
II. | Orientation intellectuelle. — Sa difficulté actuellerésulte de l’absence d’idées généraleset de l’amoncellement des connaissancesde détail. | |
| Résultats de cet état de choses : Spécialisationà outrance. Rétrécissement de l’horizon.Incertitude et doute s’étendant à la scienceelle-même : on ne croit plus en elle commeles générations précédentes. Anarchie spirituelle,scepticisme, dilettantisme. | ||
| Orientation religieuse. | ||
III. | Orientation morale. — Ruine des principes.Les romanciers et la jeunesse.Déterminisme, scepticisme, dilettantismeen morale. | |
| Affaiblissement du respect et de la volonté. | ||
IV. | L’école de la vie. — Les livres et l’écolesont une chose, la vie en est une autre.Influence de la vie sur l’orientation dela jeunesse. Préoccupations pratiques. | |
| Les Jeunes diplomates. | ||
| Les Utilitaires. | ||
| Le Bonheur passif et la jeunesse commode. | ||
| Inutiles. | ||
| Vie facile. Jeu. | ||
| Amour et chansons d’amour. | ||
| Le beau côté de l’influence de la vie. Notrevie nationale et notre jeunesse. | ||
| Le service militaire. | ||
V. | Les moutons de Panurge. — L’espritmoutonnier dans la jeunesse. Effets denotre civilisation sur l’originalité de lapensée et de la vie. La mode, les ornièreset les chemins battus. Difficultéde réagir. | |
VI. | Quelques mots sur l’esprit de Parti. | |
VII. | Comment on se porte et comment ons’amuse. Effets de la vie factice sur lasanté et la joie de vivre. | |
VIII. | La jeunesse populaire. — Sa situation particulière.Les sources de son orientation.L’école. L’église. L’atelier. Leschamps. | |
| Le Réalisme dans le peuple. L’exempled’en haut. Il y a toujours des classesdirigeantes. | ||
| Diminution du respect. Est-ce la faute àl’esprit moderne ? | ||
| Les vrais coupables. | ||
| Confiance ébranlée. Scepticisme du peuple. | ||
| L’Alcoolisme. | ||
| La vie du peuple est un trésor précieuxet menacé : comment le préserver ? — enfraternisant. | ||
IX. | La jeunesse réactionnaire. — But de laréaction. Sauver la société en supprimanttrois siècles d’histoire. Motifs del’entreprise. Son caractère gigantesque,mais illusoire. | |
| Critique de l’entreprise. | ||
X. | Sentiers de demain. — Indices d’une orientationnouvelle. Le réalisme et la réactionégalement impuissants à nousfaire vivre. L’esprit moderne essayantde se dégager des entraves des tendancesexclusives pour chercher le bien et lavérité partout où il s’en trouve. Précurseursde ce mouvement. Ses tracesdans l’enseignement national. Un retourà la tradition dans un espritnouveau. | |
| Fermentation de ces idées dans la jeunesse.Une élite qui se sépare du courantréaliste. Caractéristique de cetteminorité. Son point de vue large et généreux,ses aspirations intellectuelles,morales, religieuses, sociales. | ||
| Comment s’expliquer l’origine de ces tendances ? | ||
| Pourront-elles avoir une prise sur lepeuple ? Nécessité d’un idéal démocratiqueélevé et moyens de le propager.Part de la jeunesse dans cette œuvre. | ||
| Le grand organe de l’éducation nationale :l’École primaire. | ||
| Conclusion. | ||
LIVRE III | ||
I. | Le monde est-il vieux ? | |
II. | La Vie. Comment il faut la prendre. — Lavie est un fait, un résultat et une espérance.Elle est la grande affaire. Elle nerepose pas sur nos arguments, mais Surla volonté qui est au fond des choses. Savaleur. Il faut la prendre simplement, àl’exemple des êtres qui s’y attachent avectoute l’énergie de l’inconscience. | |
III. | L’Idéal. — Des deux façons d’aimer la vie.L’amour inférieur et l’amour supérieur.La grande vie : l’Idéal. L’Idéal n’est pasla fantaisie. C’est la vive représentationdes réalités dont nous portons en nousle germe. | |
| Grandes lignes de l’Idéal nouveau. | ||
IV. | L’Action. — 1. Discipline. Dressage ou éducation ?Le but de la discipline est derendre un homme maître de lui-même,Nécessité de la discipline. Passivité et activité.Entraînement de l’énergie. L’écolede guerre. Le soldat préparé et la causequ’il va défendre. Amour de la vie.Haine de tous ses ennemis. | |
| 2. Travail. Le travail est mal compris,méprisé même. Il faut le réhabiliter enl’honorant et en le pratiquant. Ne pascacher le travail : le montrer, au contraire. | ||
| Travaux manuels. Leur influence salutaireet réparatrice. Aux champs ! Portée socialedu travail manuel exercé par lesclasses instruites et aisées. | ||
| 3. Peine. Du rôle de l’effort et de la souffrancedans la vie individuelle et générale.L’épreuve salutaire et la douleurlibératrice. | ||
| 4. Recueillement et repos. Difficulté du recueillementdans notre monde enfiévré.La peur du tête-à-tête avec soi-même. Lerecueillement salutaire. Son rôle danstoute activité féconde. Sta viator ! Examensde conscience. | ||
| Le repos nécessaire et sacré. | ||
V. | Joie. — 1. Plaisirs et distractions. Les détracteursdu plaisir. Légitimité et nécessitédes distractions. Le loisir dans lavie humaine. De l’importance de sonemploi. On ne sait plus s’amuser. | |
| Un mot sur les distractions à diversesépoques de l’histoire. A mesure qu’onapproche de notre temps, elles prennentun caractère plus sédentaire. Nos plaisirsfactices et excitants. | ||
| Une réforme s’impose. De la renaissancedes distractions en plein air, des jeux deforce et d’adresse. La marche. A la découvertede la terre natale. | ||
| Le chant et sa décadence dans la jeunesse etle peuple. Du besoin de chanter. Un rêve. | ||
| Du discrédit où les amusements sont tombéspar l’abus. Guerre à l’abus ! Réhabilitationdes plaisirs. Du rôle de tous leshommes sérieux dans cette œuvre. Vivonspour la jeunesse ! | ||
| 2. La Joie. Les sources de la joie. Hautset bas de la vie intérieure. La tristesse.Ses formes et ses causes. Les dégoûtés.Tristesse qui vient de mal penser ou demal vivre. | ||
| Il faut aimer la vie. La joie de vivre et lesmoyens de l’acquérir. | ||
VI. | La Solidarité. — 1. La Famille. Elle est lagrande école de solidarité et la base socialepar excellence. Son importance incalculable.La Jeunesse et la Famille.Honore ton père et ta mère. Le respect,condition première de la liberté. | |
| 2. L’Amitié. Les amitiés de jeunesse, leurbeauté, leur solidité, leur vertu éducatrice.Des rapports affectueux entre l’âgemûr et la jeunesse. | ||
| 3. L’Amour. Notre incurie à l’endroit del’amour. La jeunesse arrive à l’âge le pluscritique sans boussole et sans direction.Comment le jeune homme doit-il se gouvernerdans les choses de l’Amour ? Lerespect de la vie et de soi-même est lameilleure sauvegarde et le meilleurconseiller. Il fait contrepoids aux sottiseset aux maximes relâchées. La Chasteté.La condition difficile et intéressante desjeunes gens qui se respectent. Heurestroubles. Défaites morales. Ne jamaiscesser d’appeler le mal : le mal. | ||
| La place sacrée de la femme dans le cœurdu jeune homme. Le culte de la femme.L’éternel Féminin. | ||
| Jeunes gens et jeunes filles. Leur isolementregrettable. Suites de cet isolement. Unejeunesse sans amour est comme unmatin sans soleil, L’amour et l’enthousiasme. | ||
| La solidarité de la chair et du sang. | ||
| 4. Patrie, et rôle social de la Jeunesse. Définitionde la patrie. De l’initiation augénie national. La meilleure manièred’aimer son pays est d’en cultiver en soile génie. L’idéal national de la France seconfondant avec l’idéal même du progrèshumain. Vanité du cosmopolitisme. Pasd’humanité sans patrie. Notre façon ànous de servir l’humanité en faisant nospropres affaires. | ||
| De l’œuvre de concentration nationale àtenter par la jeunesse. L’émiettementsocial, divisions, partis. Remède à cemal : Se rechercher entre jeunes gensd’opinions différentes. Fraterniser. Franchirles barrières sociales. | ||
| Vivre de la vie des humbles pour apprendrela justice en souffrant. | ||
| 5. Un mot sur le rôle international de laJeunesse. | ||
VII. | La Foi. — Pourquoi nous en parlons à lafin et non au commencement. Foi autoritaireet Foi libre. Soumission et conviction.L’Évangile et la Foi : Pour croire, ilfaut commencer par être des hommes. Lafoi naît de la vie et de l’expérience. Lesens religieux : Le Respect et la Piété,conditions indispensables de la Foi. | |
| La reconstitution de la Foi à travers laPiété envers le passé et envers le présent.La théologie historique et la place d’honneurqui lui revient. L’Évangile rapprochede la conscience du présent. | ||
| L’Évangile oublié. L’Évangile de Jésus etl’esprit moderne. L’Évangile est plus prèsde nous que nous ne le pensons. Pourquoi ?Le Dieu humain et l’humanitédivine. Simplicité et hardiesse de l’Évangile.L’Évangile et les petits : Se confier,se donner. | ||
| L’Évangile et la Jeunesse. L’Évangile ettous ceux qui essaient de pratiquer labonne vie. | ||
| De l’indépendance de la Foi. Il faut aimersa pauvreté et se méfier de tout joug humain. | ||
| Le lien de confraternité religieuse et l’attachementaux traditions particulières.Leur nécessité. Se garder de l’esprit exclusif.Les petites Églises ne sont bonnesque pour nous préparer à la grande.L’Église universelle. Les sommets de laFoi. Notre Père qui es aux cieux. | ||
| Conclusion. | ||
IMPR. ALSACIENNE ANCt G. FISCHBACH, STRASBOURG. — 2555