Les familles, les universités, les hommes d'affaires, un large public recruté dans les milieux les plus divers, s'est mis à lire le livre. Les journaux l'ont publié en feuilleton, les prédicateurs en ont tiré des séries de discours, les dessinateurs des caricatures. En dernier lieu les éditions populaires se criaient dans les rues par les camelots.

Tout cela est une preuve que ce livre est venu en son temps et répond à un besoin profond de simplification au milieu de cette époque agitée et complexe.

Par un effet très naturel, le succès extraordinaire des traductions rejaillit aujourd'hui sur l'édition française et lui imprime une énergie nouvelle.

Puissent ces pages, en se répandant, ramener l'attention de beaucoup de nos contemporains sur le premier de tous les sujets: l'emploi et l'organisation de la vie.

Et puissions-nous en méditant sur ce problème des problèmes arriver à comprendre que le bonheur, la force et la beauté de l'existence ont pour une grande part leur source dans l'esprit de Simplicité.

Charles Wagner.

Paris, février 1905.

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Le malade miné par la fièvre, dévoré par la soif, rêve pendant son sommeil d'un frais ruisseau où il se baigne, ou d'une claire fontaine où il boit à grandes gorgées. Ainsi dans l'agitation compliquée de l'existence moderne, nos âmes exténuées rêvent de simplicité.

Ce qu'on appelle de ce beau nom, serait-il un bien à jamais disparu? Je ne le pense pas. Si la simplicité se trouvait liée à quelques circonstances exceptionnelles que de rares époques ont seules connues, il faudrait renoncer à la réaliser encore. On ne ramène pas les civilisations vers leurs origines, pas plus qu'on ne ramène les fleuves aux flots troublés vers le vallon tranquille où les branches des aulnes se rejoignaient sur leur source.