A travers cette âme d’élite, ouverte à la beauté, sensible à la grâce, vibrante devant tout ce qui est noble et pur, je voyais l’Évangile éternel reflété en clartés nouvelles et déjà, précédant le temps par l’espérance heureuse, le père entendait le fils proclamer le message d’amour et répandre la bonne nouvelle, attendue des cœurs meurtris.

O comme nous t’aimions !

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Inattendu, comme tombe du ciel bleu un coup de foudre, le mal te saisit. En quelques jours il fallut rompre le cercle de famille et partir, chercher à l’altitude un auxiliaire contre l’ennemi.

Nous fûmes vaincus. Mais tu n’as jamais murmuré, ni formulé une plainte. Où donc avais-tu appris la patience, l’art difficile de souffrir, le calme dans la misère et la simplicité devant la mort ? Dieu seul le sait.


Te savoir en sa main, dans cette main où sont aussi les vivants, voilà notre suprême refuge dans la peine. Que Dieu nous le garde, nous augmente la confiance pour les jours à venir et nous la maintienne, à l’heure dernière.

Cher ami, prématurément parti d’entre nos bras où tu étais et restes tant aimé, ta place vide sera pour nous une cause de deuil et de regrets.

Mais comme ta figure était douce à la mort, comme tu as souffert avec patience, comme ton bon sourire et tes caresses mettent de la lumière sur ces heures sombres ! Tu nous as semé de rayons tout blancs la route de la mort et mis aux portes du tombeau comme une lueur d’aube. Que Dieu nous donne de nous souvenir de toi quand nous aurons à souffrir et à partir !

Je ne demande qu’à être comme toi, aussi simplement résigné, aussi confiant, aussi naturel. Tu n’auras pas vécu pour rien, mon cher petit Pierre. Tu resteras vivant et agissant parmi nous, jusqu’au jour où nous nous retrouverons dans le monde invisible, dont toute forme visible n’est que le lointain symbole.