N’attends pas qu’un regard de soleil t’apporte le droit d’être en sécurité ; qu’une haute volonté humaine se décide en ta faveur ; que le facteur, un jour, te remette le bonheur dans une lettre ! Ne crains pas non plus que le malheur descende sur toi de quelque nuage, te saisisse, par la main d’un ennemi, ou fasse, inattendu, irruption dans ta demeure ! Heur ou malheur, tout ce qui t’attend au détour du chemin, derrière les portes fermées, dans les replis cachés de la pensée humaine, ou sous le voile de l’avenir, dépend de ce que tu as dans le cœur. Sache-le, une paix existe que le monde ne donne pas et qu’il ne saurait ravir !
MEMENTO !
L’Ami. — Une fois pour toutes, retiens cela :
Il n’y aura jamais de paix parfaite amenée par les événements. Les causes d’angoisse et de souci changent avec les jours. Et le bonheur te fera peur, si le malheur t’a lâché. Que tes enfants soient petits ou grands, dans ta maison ou établis ailleurs, malades ou bien portants, ils te seront une cause de préoccupations. Et il en est de même de tout ce que l’homme peut posséder ou perdre, prendre ou désirer. Si tu attends, pour être au calme, que l’occasion le permette, tu n’y seras jamais. Sois un homme et aspire à la paix supérieure ! Tu marcheras d’un pas plus ferme sur les sentiers changeants. Car tu auras un abri intérieur, un point à jamais stable. Aucun événement isolé, aucun concours de circonstances même graves, ne remettra tout en question. Enracine-toi dans la seule chose nécessaire : l’amour infini du Père ! Le bien qui en résultera pour toi sera grand. Et tu deviendras un refuge aux autres, à ceux que tu aimes, à l’étranger même dont la route par hasard croisera la tienne.
LE TROUBLE EST EN NOUS
L’Ami. — Comment ne pas se rendre à l’évidence ? La paix de l’homme est-elle dans les circonstances ? Les événements peuvent-ils l’apporter et l’emporter ? Voilà bien la vieille et funeste illusion !
Lorsqu’un sujet de trouble disparaît, il est aussitôt remplacé par un autre, inaperçu avant. Le trouble est en nous. Ce ne sont pas les objets dont, par occasion, il s’entretient, qui le feront disparaître en s’éloignant. Il trouvera toujours des objets, futiles ou sérieux. Que notre pauvre cœur tremblant soit rassuré et guéri, et nous aurons la paix que plus rien n’enlève ! Elle est en Dieu seul.
— Je le sens bien, la paix existe ; la vraie vie n’est pas si loin de nous. Sans cesse elle côtoie cette pauvre et fragmentaire existence où nous nous égarons. Lorsque pour un seul instant elle apparaît, elle éclaire tout ce qui l’entoure. Si nous pouvions la saisir, la réaliser, il n’est pas une situation, triste, compliquée, perdue, dont elle ne ferait jaillir de la lumière.
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Je t’aime, ô Fils de l’homme, pour ta force et ta douceur, ta simplicité, ta vaillance, ton infinie tendresse, pour ton regard qui rassure et pardonne, enflamme et soulève, pour tout ce que tu nous as apporté de consolant, de chaud, de réconfortant. Reste avec nous ! Enseigne-nous à voir dans chaque pierre de la route l’étincelle divine qui s’y trouve enfouie !