— Vous l'avez donc analysée? qu'exprimait-elle alors?»
Je ne répondis pas.
«Vous y avez vu l'amour, n'est-ce pas? et, regardant dans l'avenir, vous avez vu M. Rochester marié et sa femme heureuse?
— Non pas précisément; votre science vous fait quelquefois défaut.
— Alors, que diable avez-vous vu?
— N'importe; je venais vous interroger et non pas me confesser; c'est une chose connue que M. Rochester va se marier.
— Oui, avec la belle Mlle Ingram.
— Enfin!
— Les apparences, en effet, semblent toutes annoncer ce mariage, et ce sera un couple parfaitement heureux, bien que, avec une audace qui mériterait un châtiment, vous sembliez en douter; il aimera cette femme noble, belle, spirituelle, accomplie en un mot. Quant à elle, il est probable qu'elle aime M. Rochester, ou du moins son argent; je sais qu'elle considère les domaines de M. Rochester comme dignes d'envie, quoique, Dieu me le pardonne, je lui ai dit tout à l'heure sur ce sujet quelque chose qui l'a rendue singulièrement grave; les coins de sa bouche se sont abaissés d'un demi pouce. Je conseillerai à son triste adorateur de faire attention; car si un autre vient se présenter avec une fortune plus brillante et moins embrouillée, c'en est fait de lui.
— Je ne suis pas venue pour entendre parler de la fortune de M. Rochester, mais pour connaître ma destinée, et vous ne m'en avez encore rien dit.