— Retournez chercher ces deux choses.»

Je retournai dans ma chambre; je pris l'éponge et les sels, et je remontai l'escalier; il m'attendait et tenait une clef à la main. S'approchant de l'une des petites portes, il y plaça la clef; puis, s'arrêtant, il s'adressa de nouveau à moi, et me dit:

«Pourrez-vous supporter la vue du sang?

— Je le pense, répondis-je; mais je n'en ai pas encore fait l'épreuve.»

Lorsque je lui répondis, je sentis en moi un tressaillement, mais ni froid ni faiblesse.

«Donnez-moi votre main, dit-il; car je ne peux pas courir la chance de vous voir vous évanouir.»

Je mis mes doigts dans les siens.

«Ils sont chauds et fermes.» dit-il; puis, tournant la clef, il ouvrit la porte.

Je me rappelai avoir vu la chambre où me fit entrer M. Rochester, lorsque Mme Fairfax m'avait montré la maison. Elle était tendue de tapisserie; mais cette tapisserie était alors relevée dans un endroit et mettait à découvert une porte qui, autrefois, était cachée; la porte était ouverte et menait dans une chambre éclairée, d'où j'entendis sortir des sons ressemblant à des cris de chiens qui se disputent. M. Rochester, après avoir posé la chandelle à côté de moi, me dit d'attendre une minute, et il entra dans la chambre; son entrée fut saluée par un rire bruyant qui se termina par l'étrange «ah! ah!» de Grace Poole. Elle était donc là, et M. Rochester faisait quelque arrangement avec elle; j'entendis aussi une voix faible qui parlait à mon maître. Il sortit et ferma la porte derrière lui.

«C'est ici. Jane,» me dit-il.