— Mais il me semble que votre vie n'est pas en sûreté tant qu'elle demeure ici.
— Ne craignez rien, j'y veillerai moi-même.
— Et le danger que vous craigniez la nuit dernière est-il passé maintenant, monsieur?
— Je ne puis pas en être certain tant que Mason sera en Angleterre, ni même lorsqu'il sera parti; vivre, pour moi, c'est me tenir debout sur le cratère d'un volcan qui d'un jour à l'autre peut faire éruption.
— Mais M. Mason semble facile à mener: vous avez tout pouvoir sur lui; jamais il ne vous bravera ni ne vous nuira volontairement.
— Oh non! Mason ne me bravera ni ne me nuira volontairement; mais, sans le vouloir, il peut, par un mot dit trop légèrement, me priver sinon de la vie, du moins du bonheur.
— Recommandez-lui d'être attentif, monsieur, dites-lui ce que vous craignez, et montrez-lui comment il doit éviter le danger.»
Je vis sur ses lèvres un sourire sardonique; il prit ma main, puis la rejeta vivement loin de lui.
«Si c'était possible, reprit-il, il n'y aurait aucun danger; depuis que je connais Mason, je n'ai eu qu'à lui dire: «Faites cela,» et il l'a fait. Mais dans ce cas je ne puis lui donner aucun ordre; je ne peux pas lui dire: «Gardez-vous de me faire du mal, Richard!» car il ne doit pas savoir qu'il est possible de me faire du mal. Vous avez l'air intriguée; eh bien, je vais vous intriguer encore davantage. Vous êtes ma petite amie, n'est-ce pas?
— Monsieur, je désire vous être utile et vous obéir dans tout ce qui est bien.