— Là,» me répondit-elle, en indiquant la pièce qu'elle venait de quitter.
J'entrai et je l'y trouvai en effet.
«Venez me dire bonjour,» me cria-t-il.
J'avançai joyeusement. Cette fois ce n'était pas un simple mot ou une poignée de main qui m'attendait, mais un baiser; je le trouvai tout naturel, et il me sembla doux d'être ainsi aimée et caressée par lui.
«Jane, vous êtes fraîche, souriante et jolie, dit-il, oui, vraiment jolie. Est-ce là la pâle petite fée que je connaissais? Quelle joyeuse figure, quelles joues fraîches et quelles lèvres roses! comme ces cheveux et ces yeux sont d'un brun brillant!»
J'avais des yeux verts, mais il faut excuser cette méprise: il paraît qu'ils avaient changé de couleur pour lui.
«Oui, monsieur, c'est Jane Eyre.
— Qui sera bientôt Jane Rochester, ajouta-t-il; dans quatre semaines, Jane, pas un jour de plus, entendez-vous?»
Je ne pouvais pas bien comprendre encore, j'étais tout étourdie; en entendant parler M. Rochester, je n'éprouvai pas une joie intime, je ressentis comme un choc violent; je fus étonnée, presque effrayée.
«Vous avez rougi, et maintenant vous êtes bien pâle, Jane, pourquoi?