Tome V, p. 178. – Paris, 1839. – «Ces deux années (de 1812 à 1814), je les employai à des recherches sur la France et à la rédaction de quelques livres de ces Mémoires.»
Tome V, p. 189. – Paris, 1839. – «Maintenant, le récit que j’achève rejoint les premiers livres de ma vie publique, précédemment écrits à des dates diverses.»
Tome VI, p. 195. – «Au livre second de ces Mémoires, on lit (je revenais alors de mon premier exil de Dieppe): «On m’a permis de revenir à ma vallée. La terre tremble sous les pas du soldat étranger; j’écris, comme les derniers Romains, au bruit de l’invasion des barbares. Le jour, je trace des pages aussi agitées que les événements de ce jour[25]; la nuit, tandis que le roulement du canon lointain expire dans mes bois solitaires, je retourne au silence des années qui dorment dans la tombe et à la paix de mes plus jeunes souvenirs.»
Tome VI, p. 336. – «Dans le livre IV de ces Mémoires, j’ai parlé des exhumations de 1815.»
Tome VI, p. 380. – 1838. – «Benjamin Constant imprime son énergique protestation contre le tyran, et il change en vingt-quatre heures. On verra plus tard, dans un autre livre de ces Mémoires, qui lui inspira ce noble mouvement auquel la mobilité de sa nature ne lui permit pas de rester fidèle.»
Tome VIII, p. 283. – 1839. – Revu le 22 février 1845. – «Le livre précédent que je viens d’écrire en 1839 rejoint ce livre de mon ambassade de Rome, écrit en 1828 et 1829, il y a dix ans… Pour ce livre de mon ambassade de Rome, les matériaux ont abondé…»[26]
Ainsi, en 1839, dernière date de la rédaction de ses Mémoires (quelques pages seulement y furent ajoutées plus tard), Chateaubriand continue d’être fidèle aux principes de composition qui avaient présidé au commencement de son travail. Si nous poussons plus avant, si nous descendons jusqu’à l’année 1846, époque à laquelle l’ouvrage était depuis longtemps terminé, nous trouvons ce curieux et très significatif billet de M me de Chateaubriand. Il est adressé à M. Mandaroux-Vertamy:
2 février 46. En priant M. Vertamy d’agréer tous mes remerciements empressés, j’ai l’honneur de lui envoyer les 1 er , 2 e et 3 e livres de la première partie des Mémoires que je sais qu’il lira avec toute l’attention de l’amitié. La vicomtesse de Chateaubriand [27].
VI
Il faut bien croire, en présence de l’édition de 1849–1850, et des éditions suivantes, qui en sont la reproduction pure et simple, que le manuscrit de Chateaubriand, dans son dernier état, ne renfermait plus «cette division en livres et en parties», dont l’auteur lui-même parle en tant d’endroits. Les premiers éditeurs se sont certainement appliqués à donner fidèlement et sans y rien changer le texte et la suite du manuscrit qu’ils avaient entre les mains. Faire autrement, faire plus, même pour faire mieux, c’eût été sortir de leur rôle, et ils ont eu raison de s’y tenir. Mais aujourd’hui, après bientôt un demi-siècle, la situation n’est plus la même. Chateaubriand est pour nous un ancien, c’est un des classiques de notre littérature, et le moment est venu de donner une édition des Mémoires d’Outre-tombe qui replace le chef-d’œuvre du grand écrivain dans les conditions même où il fut composé, qui nous le restitue dans son intégrité première.