Ces bisons pèsent jusqu'à 2,000 livres et plus, mais leurs cornes sont petites; tandis qu'on a trouvé, dit-il, vers Cuernavaca, au sud-ouest de Mexico, dans des monumens en ruine, des cornes de bœuf monstrueuses.
Il rapporte ces cornes à celles du bœuf musqué, du nord extrême de l'Amérique; mais M. de Castelnau, vers l'Amazône et le Paraguay, dans sa courageuse exploration, vient de retrouver ces bœufs aux cornes fort longues, outre une autre espèce aux petites cornes, qui erre avec elle et dans les mêmes steppes.
La relation du Fou-sang est donc justifiée encore en ce point, et il y a eu certainement quelque faute dans le texte, quand on y dit, que sur ces longues cornes, ces bœufs portent des poids de 20 HO poids de 120 livres chaque, c'est-à dire un poids total de 2,400 de nos livres!!! On devait dire qu'ils pesaient par tête, au moins 2,400 livres, et non pas que cette charge énorme était posée sur leurs cornes; ce qui serait impossible.
Les chevaux que cite cette relation semblent seulement avoir manqué en Amérique; mais les Patagons, vrais Tartares, sont toujours à cheval, et rien ne prouve qu'ils n'aient sauvé chez eux quelques-uns des chevaux que virent les bonzes indiens au Fou-sang, et que les navires du Kamtchatka y avaient peut-être apportés de Tartarie.
Je vous donnerai quelque jour, un mémoire sur les peuples du nord extrême de l'Asie, à grands navires et à nuits presque nulles en été.
Plus savant cent fois que M. Klaproth, M. de Guignes le père a déjà indiqué par quelques mots, dans son mémoire sur le Fou-sang, ce peuple aux grands navires, et dont le nom Ku-tou-moey, c'est-à-dire à nuits très-courtes en été, indique la position vers le cercle arctique.
Il en est question dans l'ouvrage intitulé: Wen-hien-tong-kao du docteur Ma-tuon-lin; j'en ai extrait ce qu'il en dit.
J'ai montré ailleurs que le passage d'Europe vers l'Amérique, au nord de la Sibérie, avait dû être alors praticable, cette mer se comblant par les détritus des grands fleuves qui y tombent, et par cela même se glaçant de plus en plus chaque jour; car, on le sait, les mers profondes ne gèlent pas. Tout ceci offre des questions nouvelles et importantes, et votre Journal, utile et grave, fera bien de les traiter successivement.
Agréez, etc.
Saint-Germain, ce 24 avril 1847,