Monumens bouddhiques au Yucatan; histoires conservées par les Toltèques du Japon venus en Amérique; relations chinoises du pays de Ta-han et du vaste pays de Fou-sang, et qui nous sont données par les Bouddhistes, partis de ce pays d'Amérique, et qui par le Japon, venaient en Chine: tout est donc parfaitement d'accord; ce passage, par le Japon, expliquant d'ailleurs comment nous avons pu montrer, dès 1835, que les noms de Nombre et beaucoup de Mots de la langue des Muyscas sur le plateau de Bogota se retrouvent encore dans la langue actuelle des Japonnais[10].
De même que les Scandinaves avaient pu, à une époque plus récente, descendre de la côte nord-est du Nouveau-Monde, et du Vinland fondé par eux, jusqu'au Brésil dans l'Amérique du sud, où se sont retrouvés de leurs monumens; de même, mille ans avant les Espagnols, mais débarqués sur la côte nord-ouest, les Bouddhistes de l'Inde, alors persécutés par les Brahmes, les peuplades du Japon, et celles des rives de l'Amour, pays des anciens Hyperboréens, ont pu pénétrer au Mexique, au Yucatan, au pays de Guatimala et de Palanqué, au royaume de Cundinamarca, et enfin jusqu'au riche et pacifique royaume du Pérou. Le célèbre M. de Humboldt a très-bien indiqué les rapports de race et de civilisation, de cycles, mœurs, usages, qui unissaient les peuples de ces dernières contrées à ceux de la Tartarie et de l'Asie; mais en niant, d'après le P. Gaubil auquel l'Amérique était peu connue, et d'après M. Klaproth, l'identité de l'Amérique et du Fou-sang, il se privait de ses meilleurs argumens, et ne pouvait fixer aucune date précise pour ces migrations.
Nous espérons, s'il lit ce court Mémoire, qu'il rendra plus de justice à la vérité des aperçus du célèbre M. de Guignes, sinologue profond, dans les travaux duquel M. Klaproth avait puisé une grande partie de sa science, et que, pour cela même, celui ci n'aurait pas dû tant décrier!!
Nous avons voulu, dans ce succinct extrait de nos vastes travaux sur l'Amérique, rendre justice à ce docte et modeste auteur de l'Histoire des Huns. Comme lui aussi, de méprisables coteries nous oppriment; mais nous espérons qu'un jour, peut-être, on rendra plus de justice à des recherches qui ont consumé nos plus belles années.
Le cher de PARAVEY.
Août 1843.
NOTES EN BAS DE PAGE:
[1] En lisant cette curieuse dissertation de M. le cher de Paravey, nos lecteurs ne doivent pas oublier que sa principale importance, pour nous, est qu'elle fournit les moyens d'expliquer comment quelque connaissance du Christianisme a pu arriver dans le Nouveau-Monde, beaucoup avant le voyage des Espagnols; et comment, par conséquent, on a pu trouver des souvenirs de la Bible au Mexique, des croix et autres symboles chrétiens sur les monumens découverts à Palenqué et ailleurs. C'est donc une bonne fortune pour nous que le nouveau travail de M. de Paravey, et nous l'insérons avec plaisir. (Note du Directeur des Annales de philosophie chrétienne).
[2] Voir à la fin de la présente dissertation cette relation du Fou-sang, extraite de cette réfutation de M. Klaproth.
[3] Mémoires concernant les Chinois, t. XV, p. 450.