LETTRE XII
CÉCILE VOLANGES à la Marquise de MERTEUIL.
Maman est incommodée, madame, elle ne sortira point et il faut que je lui tienne compagnie; ainsi, je n’aurai pas l’honneur de vous accompagner à l’Opéra. Je vous assure que je regrette bien plus de ne pas être avec vous que le spectacle. Je vous prie d’en être persuadée. Je vous aime tant! Voudriez-vous bien dire à M. le chevalier Danceny que je n’ai point le recueil dont il m’a parlé, et que, s’il peut me l’apporter demain, il me fera grand plaisir? S’il vient aujourd’hui, on lui dira que nous n’y sommes pas, mais c’est que maman ne veut recevoir personne. J’espère qu’elle se portera mieux demain.
J’ai l’honneur d’être, etc.
De..., ce 13 août 17**.
LETTRE XIII
La Marquise de MERTEUIL à CÉCILE VOLANGES.
Je suis très fâchée, ma belle, et d’être privée du plaisir de vous voir et de la cause de cette privation. J’espère que cette occasion se retrouvera. Je m’acquitterai de votre commission auprès du chevalier Danceny, qui sera sûrement très fâché de savoir votre maman malade. Si elle veut me recevoir demain, j’irai lui tenir compagnie. Nous attaquerons, elle et moi, le chevalier de Belleroche[16] au piquet; et, en lui gagnant son argent, nous aurons, par surcroît de plaisir, celui de vous entendre chanter avec votre aimable maître, à qui je le proposerai. Si cela convient à votre maman et à vous, je réponds de moi et de mes deux chevaliers. Adieu, ma belle; mes compliments à ma chère Mme de Volanges. Je vous embrasse bien tendrement.
De..., ce 13 août 17**.