De son étude enfin je veux qu'elle se cache;

Et qu'elle ait du savoir sans vouloir qu'on le sache,

Sans citer les auteurs, sans dire de grands mots,

Et clouer de l'esprit à ses moindres propos[25].

Note 25:[ (retour) ] Les Femmes savantes, acte I, scène III.

On ne saurait mieux dire. C'était ainsi que, plusieurs années auparavant, Mlle de Scudéry en avait jugé[26], et telle sera toujours l'opinion des esprits judicieux. Tout dans la femme doit être voilé, l'instruction comme la beauté. Et c'est avec une délicatesse infinie que Fénelon a pu dire des jeunes filles: «Apprenez-leur qu'il doit y avoir, pour leur sexe, une pudeur sur la science presque aussi délicate que celle qui inspire l'horreur du vice[27]

Note 26:[ (retour) ] Cousin, La Société française au XVIIe siècle, d'après le Grand Cyrus de Mlle de Scudéry; M. l'abbé Fabre, la Jeunesse de Fléchier.

Note 27:[ (retour) ] Fénelon, De l'éducation des filles, ch. VII. La Rochefoucauld a, lui aussi, trouvé en cette rencontre la note juste. «Une femme, dit-il, peut aimer les sciences; mais toutes les sciences ne lui conviennent pas, et l'entêtement de certaines sciences ne lui convient jamais, et est toujours faux» Maximes diverses, VI.

Mais le ridicule que Molière jetait sur les femmes savantes l'emporta sur les réserves qu'il avait faites. L'éclat de rire qui accueillit sa pièce fut général, et Boileau en prolongea l'écho en y ajoutant sa note railleuse[28]. L'instruction fut condamnée avec le pédantisme, et l'ignorance triompha du tout.

Note 28:[ (retour) ] Boileau, Satires, X.