Notre bêtise, pour être désintéressée, n’en était pas moins grande que celle des snobs mondains, et peut-être plus.

Voici le snobisme intellectuel. Les femmes qui en sont atteintes sont insupportables. De toutes, la prétention d’avoir de l’esprit, de penser finement ou supérieurement, est celle qui se tolère le moins. Ah ! le terrible effort qui avorte ! La flèche imbécile qui tombe avant d’être arrivée au but alors qu’il serait si simple de ne pas viser plus loin qu’on ne peut atteindre ! Voyez ce qu’est une femme pour qui l’amour est une occasion de faire de l’esprit !

Une femme spirituelle est délicieuse tant qu’elle reste, simple ou compliquée, elle-même. Mais veut-elle briller, chercher l’effet et le succès ? Quel tact il lui faut garder ! Que de dangers alors dans les applaudissements qu’on lui prodigue ! Au milieu de ce concert brillant une fausse note, et tout est gâté.

Et nous avons encore le snobisme sentimental, le snobisme artistique, et tous les autres…

Fuyons les snobs.

LE PREMIER DEVOIR DE LA FEMME

On reproche aux femmes de s’occuper trop de leur beauté, d’user le temps dans le soin minutieux d’elles-mêmes.

Ce reproche tombe à faux.

Le premier devoir de la femme est de plaire à l’homme, de le gagner d’abord, de le garder ensuite. Elle sent que c’est la grande tâche qui lui est dévolue, que sa vie doit être faite par l’amour, que son bonheur en dépend. C’est ici que se joue sa partie ; c’est ici qu’il faut vaincre ou mourir.

Le reste ?… le reste est accessoire.