—Au fait, c'est bien ce que je m'étais dit d'abord...

L'homme qui le savait avait, d'un coup d'œil, soupesé l'imbécile; il précisa:

—Cela m'eût étonné: ma femme a du goût...

Et soudain, les sourcils en arc:

—Mais ... j'y songe encore: voici quelque chose d'incorrect, il me semble ... de fort incorrect?... Voyons, un peu de logique: ma femme me trompe,—bien! je suis ... ce que je suis,—très bien! je sais que je le suis,—de mieux en mieux! Tout cela est en effet comme cela doit être, logique, convenable. Et puis c'est notre affaire, à ma femme et à moi... Mais, que je sache, ce n'est pas votre affaire, à vous, monsieur?

L'imbécile, d'un geste vague, en convint. Et l'homme qui le savait en prit avantage:

—Ce n'est pas votre affaire en rien! Voilà qui est ennuyeux, monsieur! Réfléchissez un peu je vous en prie: doit-on savoir quelque chose des affaires qui ne vous concernent en rien? Non, sans contredit. Ce n'est pas le fait d'un homme comme il faut. En vérité, plus j'y pense... C'est très ennuyeux, monsieur! Voilà que je suis cocu, et voici que vous le savez, vous, qui n'êtes pas même l'amant de ma femme!

—Je vous jure,—s'exclama l'imbécile...

—Moi,—trancha net l'homme qui le savait,—je ne vous jure rien parce que je ne jure jamais, monsieur! jurer se porte assez mal, soit dit sans vous offenser. Je ne jure donc pas, mais je constate que vous m'avez mis dans une situation où jamais personne ne fut! Pour un peu, grâce à vous, je ne serais plus un homme comme les autres!

Il enfonça ses deux mains dans ses poches et conclut: