—Failli chien! enfant de ta mère! si t'écoutais quand on te parle?
L'écoute filée, la baleinière s'est redressée, pourtant, tant bien que mal. Et, vent arrière, elle pique droit sur le rivage.
A cent mètres de la barre, 304, Le Kerrec, risque un conseil, discret:
—Lieutenant!... Faudrait vous méfier, rapport aux lames de fond...
Le gosse, gentiment, allonge sa patte gantée, claque l'épaule de l'homme:.
—As pas peur, mon vieux 304!...
Puis, soudain sérieux, il se lève pour y mieux voir, et gouverne debout. Car l'instant dangereux approche.
La barre est une falaise d'écume, au milieu de laquelle l'appontement de bois s'avance, submergé sans trêve, rongé, délabré comme une épave. Impossible de débarquer aux premières échelles. Il faut aller plus loin. Il faut franchir la barre. La baleinière, sa misaine gonflée en ballon, s'y précipite comme dans un gouffre.
—Attention, mes gars!
Trois coups de tangage, effrayants. Une chute verticale au fond d'un fabuleux trou glauque. L'ascension d'une montagne liquide derrière le trou. Une seconde chute. Une seconde ascension... C'est fini! La barre est franchie. Maintenant, on flotte en eau calme, ou presque.