—Très bien!—consentit Felze, résigné.

Et, à part soi:

—Occidentaux, tant qu'elle voudra! Ça n'en sera pas moins ignoble, ce portrait mi-parti d'Europe et de Japon! ignoble, et, Dieu de Dieu! sinistre à peindre!...

Cependant, la marquise Yorisaka avait sonné. Et deux servantes,—en robes nipponnes, elles!—apportaient, sur un grand plateau, tout l'attirail d'un thé à l'anglaise: réchaud, théière et sucrier de vermeil, tasses à anses, soucoupes, petites serviettes, pot à crème...

—Naturellement, vous prendrez un peu de cake? ou une biscotte?... Il faut laisser l'infusion se faire... C'est du ceylan, bien entendu.

—Bien entendu,—répéta Felze, docile.

Il songeait au thé vert, léger, délicat, qu'on boit sans sucre ni lait dans les tchaya de village, en grignotant une tranche de ce gâteau qui ne durcit jamais, et qu'on nomme kastéra.

Il but cependant la drogue britannique, brune, épaisse, astringente, et mangea la pâtisserie viennoise.

—Et maintenant,—dit la marquise Yorisaka,—puisque vous avez été assez aimable pour faire porter ici, dès hier, votre boîte à couleurs, votre chevalet et la toile, nous commencerons quand il vous plaira, cher maître. Voyons, voulez-vous que nous étudiions tout de suite la pose? Ici, le jour est-il bon?...

Felze allait répondre. La porte, qui s'ouvrit tout à coup, ne lui en donna pas le temps.