XXI
La mousmé servante,—la nê-san à belle robe ceinturée de satin pourpre, à beau chignon d'ébène sculpté et verni,—se faufila trotte-menu dans la chambre close, et, bruyamment, fit glisser dans leurs rainures les shôdjis à vitres de papier.
Jean-François Felze, qui dormait à plat sur les nattes, entre deux f'tons de soie ouatée, s'éveilla en sursaut et se dressa, drapé d'un immense kimono bleu et blanc, à grands ramages.
Dans le cadre de la fenêtre, maintenant large ouverte, la mer apparaissait, nocturne encore sous un ciel où pâlissaient les étoiles. Mais, à l'horizon, les montagnes très lointaines d'Amakousa et de Shimabara, qui bornent la rive orientale du golfe, commençaient d'être visibles. L'aube naissait.
—Un peu tôt!—murmura Felze.
Il avait recommandé qu'on le prévînt juste à temps pour le lever du soleil. Mais, sans doute, l'auberge n'avait-elle point d'horloge. La nê-san, d'ailleurs, ayant tiré son dernier shôdji, non sans y avoir mis toute sa petite force, et non sans s'être pincé les doigts, s'agenouillait près du voyageur avec un sourire si candide et si poli, que Felze se garda du moindre reproche comme d'une impardonnable grossièreté. Et comme, visiblement, on attendait ses ordres, il rassembla tout son japonais pour demander, par pure courtoisie:
—Fouro ga dékimachita ka[1]?
Très sûr, à pareille heure, de s'entendre répondre:
—Mada dékimasen[2]....