Le marquis se retourna, et salua militairement à l'anglaise:

—Hé! c'est vous, kimi? comment allez vous?

Le commandant Herbert Fergan portait son uniforme britannique et fumait une pipe d'Oxford. Il avait seulement remplacé sa casquette galonnée par un suroît, identique, d'ailleurs, à ceux que portent par mauvais temps tous les marins du monde.

—Je vais tout à fait bien,—dit-il.—Y a-t-il quelque chose en vue, là-bas?

Son bras tendu montrait l'horizon du sud. Le marquis Yorisaka fit un signe négatif:

—Trop loin. Ils sont encore au sud de Mameseki, à plus de soixante milles... Mais ils viennent... Nous concentrons l'armée. Kamimoura est là, et aussi Ouriou...

Il indiqua le sud-est.

—Tout sera prêt pour midi. Et nous aurons encore une heure à attendre.

—Vous avez pris le contact cette nuit.

—Oui, en interceptant leurs télégrammes sans fil. Et puis, à cinq heures, le Shinano-Marou les a vus... Ils étaient à la cote 203, sur le parallèle de Sasebo, à quatre-vingts mille dans l'ouest ... ils avaient le cap sur le détroit... Oh! ils viennent... Tenez, en ce moment, l'escadre de Kataoka doit les canonner... Mais d'ici, on ne peut rien entendre... Du reste, une canonnade de croiseurs, ça ne compte guère...