Les cuirassés russes doublaient l'arrière-garde. On allait combattre par bâbord. Toutes les conditions du tir s'en trouvaient naturellement bouleversées, et le réglage à reprendre élément par élément...

—Héi!...

Deux servants, lâchant leurs culasses, s'étaient jetés en avant, vers la sellette de commandement. Et Fergan, d'instinct, s'élança avec eux.

Le marquis Yorisaka Sadao venait de glisser jusqu'à terre,—sans un cri, sans un gémissement.

Mais son épaule, effroyablement déchirée, laissait ruisseler un tel flot de sang que, déjà, sa face jaune était devenue verte. Un éclat d'obus l'avait évidemment frappé par l'un des trois trous du casque, sans que de la tourelle on entendît rien, à cause du fracas ininterrompu qui régnait au dehors...

Les servants, aidés de Fergan, étendaient leur chef entre les deux pièces. Il n'était pas tout à fait mort. Il fit un signe il parla, très bas, mais d'une voix encore impérieuse:

—A vos postes!...

Les deux hommes obéirent. Fergan seul demeura penché vers le visage du mourant.

Et il se passa alors une chose singulière.

Le sous-officier de la tourelle, tout de suite, était accouru: à lui revenait l'honneur de prendre la place vacante. Il enjamba le corps grisant, se baissa pour ramasser le télémètre échappé de la main sanglante, et, près de monter sur la sellette, fit tourner l'instrument dans ses doigts, de l'air hésitant d'un homme qui s'avoue inexpert... Et Fergan, malgré sa tristesse sincère, sourit: