—Mais, aujourd'hui, les mœurs sont moins rigoureuses?...

—Un peu moins...

Il y eut un silence. Felze peignait toujours, d'une main peut-être distraite. La marquise Yorisaka, assise, et tout à fait immobile, gardait la pose.

Pourtant après quelques minutes, elle remua légèrement et frappa dans ses paumes. Le «héi!» des servantes nipponnes se fit entendre derrière la porte.

—Vous prenez du thé, n'est-ce pas, cher maître? O tcha wo motte kite koudasai[1]!...

Elle avait repris, pour parler japonais, sa voix de soprano très léger.

—Je prendrai du thé,—dit Felze.—Toutefois, je vous avouerai, chère madame, que votre thé anglais, noir, sucré et amer, me délecte beaucoup moins que les petites tasses d'eau parfumée que je bois dans toutes les tchayas de campagne, où j'entre pour me désaltérer quand je me promène...

—Oh! que dites-vous?...

Elle était si fort étonnée qu'elle oubliait de rire. Une curiosité intense arquait ses sourcils bridés.

—Vraiment, vous aimez le thé japonais?