Le salon Louis XV recevait par toutes ses fenêtres ouvertes la caresse du soleil couchant. Aux tentures pompadour rougeoyaient des rayons obliques.
—Good evening,—dit Fergan.
La marquise Yorisaka à demi étendue au fond de sa bergère, se leva comme en sursaut.
—Good evening,—dit-elle.—Vous êtes seul? le marquis vous a quitté?
Elle parlait anglais aussi bien que français.
—Le marquis a dû courir chez le gouverneur, je ne sais pas pour quelle affaire. Il ne peut être revenu avant une heure.
—Ah!
Elle souriait d'un sourire un peu apprêté. Il s'approcha d'elle et, très simplement, d'un geste accoutumé, la prit dans ses bras et lui baisa la bouche.
—Mitsou, petite chose chérie!...
Elle s'était abandonnée, docile plutôt qu'amoureuse. Elle rendit le baiser, s'appliquant à le bien rendre comme elle l'avait reçu, comme le donnent les Occidentaux, des deux lèvres entr'ouvertes et aspirantes.