—J'y vais.
En me levant de ma chaise, je regardais l'heure à la pendule de la cheminée. Il était exactement trois heures. Je sortis, et je traversai le couloir. Le poste téléphonique est adjacent au bureau des officiers.
Je décrochai les récepteurs. Immédiatement, une voix m'appela par mon nom,—une voix que je reconnus, non sans étonnement,—la voix du vice-amiral lui-même.
—Allô! c'est vous, Narcy?
—C'est moi, amiral.
—Barras me dit que vous avez un cheval à Solliès-Pont. Est-ce que Barras se trompe?
—Barras ne se trompe pas, amiral. Un de mes chevaux d'armes est à Solliès-Pont depuis hier soir.
—Il est en bon état? pas fatigué?
—En très bon état. Pas fatigué du tout. Je comptais m'en servir demain pour une reconnaissance du Fenouillet...
—Bon... Vous n'irez probablement pas au Fenouillet demain... Il nous arrive ce soir une corvée très désagréable, et je ne vois que vous à qui l'infliger.