Au-dessous, dans la salle de plus en plus tumultueuse, le bal tourbillonnait toujours, sans trêve, d'une allure qui allait s'enfiévrant.
Lasse enfin, Célia s'était rejetée vers le perron où l'on se reposait. Et elle entraînait Peyras sur les marches, se frayant passage à travers la foule des gens essoufflés qui attendaient d'avoir repris haleine pour se rejeter dans la mêlée dansante.
—J'ai soif!...
—Nous allons boire.... Si ce n'est que cela!...
Des yeux il chercha une table libre. Mais il n'y en avait point. Alors il songea au bar, et traversa les coulisses pour s'y rendre. Célia le suivait pas à pas.
Le bar, en effet, était vide aux trois quarts. Très peu d'hommes s'y étaient réfugiés, ceux-là seuls qui avaient fui le fracas de la salle;—très peu d'hommes, et une seule femme, laquelle, assise sur le dernier tabouret du comptoir, suçait la paille d'un cocktail, en écoutant, les yeux alléchés, un homme assis près d'elle et qui lui parlait bas.
Quand Célia entra, cette femme,—une quelconque camarade déjà rencontrée plusieurs fois à la Pintade, chez Margassou et ailleurs,—leva la tête, jeta un bonjour, et, immédiatement, revint à son cocktail et à son flirt. Célia, ayant répondu au bonjour par un bonjour pareil, sauta, elle aussi, sur un tabouret et réclama une orangeade. Peyras, sans attendre qu'elle eût bu, fouilla dans son gousset pour payer.
—Assieds-toi donc!—dit Célia.
—Merci, je ne suis pas fatigué....
Il avait jeté un écu au barman. Elle continua: