—«A quoi bon?...» Mon petit, la prochaine fois que je vous entends dire «à quoi bon», je vous calotte! A quoi bon? je n'en sais rien; mais, sûrement, bon à quelque chose! parce que tout est bon à quelque chose, tout, excepté de rester chez soi à cagnarder en kimono et en savates!... Votre robe, oust!... Croyez-vous qu'elle se confinait au coin du feu, Jannik, du temps qu'elle se portait bien? Personne n'était plus gaie, ni plus allante!... Et ça ne lui ferait guère plaisir, de savoir qu'à cause d'elle vous voulez perdre une soirée, juste en ce moment que vous êtes «plaquée»! Alors, quoi? vous y tenez, à ce que votre midship puisse se ficher de vous, et dire que vous le pleurez à domicile?
De ce coup, Célia passa au cabinet de toilette. Selon les rites, Dorée l'y suivit.
L'eau du tub clapota. Nue, la baigneuse pressait à deux mains contre sa taille la grosse éponge emplie, avant de s'accroupir dans le petit lac froid.
—Pas d'eau chaude?—fit Dorée, étonnée.
—Jamais. L'habitude prise, vous savez! Quand j'étais jeune fille, ma mère me défendait l'eau chaude, même en hiver....
La marquise arrondit les yeux:
—Vous preniez des tubs chez vos parents?...
Célia baissa brusquement les paupières, rougit, et balbutia:
—Oui ... parce que....
Et elle ne sut pas achever sa phrase. Mais Dorée, charitable, coupa court à l'embarras de sa petite amie. D'ailleurs, ce n'était pas d'aujourd'hui qu'elle avait flairé l'origine «relevée» de Célia, fille pour le moins, d'un pharmacien ou d'un chef de gare.... Quand on a de l'orthographe, rien d'extraordinaire qu'on sorte d'une maison où l'on prend des tubs chaque matin!... Et qu'importait, au bout du compte, du moment que, Célia n'en profitait pas pour «faire sa poire»? Dorée, sans plus écouter, interrompit donc: