—Peste!—avait prononcé L'Estissac ce jour-là.—vous avez bon goût, petite fille!...
Célia, très rose, avait protesté modestement:
—C'est Mandarine qui a déniché cette verrerie-là, chez le marchand chinois....
Mais Mandarine, à son tour, avait remis les choses au point:
—J'ai déniché, oui ... parce que vous m'aviez dit, je ne sais combien de fois que vous teniez à ne pas nous offrir le vin de Lohéac dans du cristal comme il y en a partout....
Le thé bu, les gâteaux mangés, les coupes de Venise vides, quelqu'un s'asseyait au piano, cependant que Mandarine, vite en proie au fameux «malaise» des fumeurs privés trop longtemps de leur drogue, déroulait sa natte derrière le paravent, et déballait sa fumerie, toute enfermée dans une seule boîte que Saint-Elme nommait, non sans solennité, le cercueil. Alors, des volutes grises commençaient d'apparaître au-dessus des feuilles du paravent; et, dans les intervalles de la musique, la voix toujours un peu rauque de la fumeuse murmurait souvent des vers, qu'elle disait avec une rare justesse.—Lohéac avait coutume, durant ces récitations qu'il sollicitait, d'aller s'allonger tout près de Mandarine, et de regarder la belle bouche en arc moduler les mots harmonieux.
Et les heures coulaient, délicates.
Dans le salon, quand Mandarine et Lohéac rentrèrent, le plateau à thé venait d'apparaître. Célia, jeune fille toujours fort experte, s'empressait à servir ses hôtes.
Lohéac la complimenta: