—Oh! celui-là ... quand même vous l'auriez encore, pendu à vos jupes ... pour ce que vous y gagneriez!...
—Possible.... Mais enfin, depuis six semaines que je n'ai pas d'ami, avec quoi voulez-vous que j'aie pu vivre? N'oubliez pas que c'est Mandarine elle-même qui m'a conseillé de rester un temps seule.... Vous étiez de son avis, ce soir-là. Comme elle, vous m'avez conseillé en outre d'installer ma maison, de lâcher la gargotte, détenir mon ménage et de recevoir beaucoup de camarades.... Ma pauvre Dorée, ça coûte cher, les services à thé, les napperons Renaissance, les grès flambés et les verres de Murano.... J'avais un peu d'argent.... Mais il y a belle lurette que je n'en ai plus....
—Alors?...
—Alors, je tâche de me débrouiller....
—Si c'est pour vous débrouiller que vous empruntez au plus sale bonhomme de Toulon!...
—Oh! j'ai commencé par emprunter à d'autres....
—Hein?
—Oui. D'abord, à cette brave mère Agassen....
—Celle-là n'est pas une mauvaise femme....
—Bien sûr que non!... Elle m'a prêté tout de suite, et sans intérêts.... Seulement, elle n'avait pas beaucoup de sous.... Elle a fait ce qu'elle a pu, elle a même emprunté à d'autres.... Bref, tout compris, j'ai reçu cent quarante francs. Et, à cause de l'autre prêteur, j'ai dû signer des billets: un billet de soixante pour la mère Agassen ... oh! elle avait confiance en moi ... seulement son amant ... parce qu'elle a un amant ... saviez-vous?