—Qui est-ce donc, ce Peyras dont vous avez parlé?

Rabœuf ne se départit pas de sa sérénité:

—Peyras?—dit-il.—C'est un aspirant, embarqué sur l'Auerstedt.... Un garçon des plus gentils, très séduisant, très spirituel, excellent camarade, et pas mauvais officier. Je le connais un peu: la gosse m'en avait tant parlé que, par précaution, je me suis renseigné.... Les renseignements ont été parfaits.

Et il conclut, absolument, indiscutablement sincère:

—Tant mieux pour la petite! J'aurais été navré de lui voir un béguin pour quelqu'un de moins bien....

Mais la marquise Dorée, qui écoutait bouche bée, protesta bruyamment:

—Peyras, quelqu'un de bien? Allons donc! docteur!... vous ne savez pas de qui vous parlez! Peyras! mais ce n'est pas sérieux pour deux sous, ni gentil, ni rien! et ça possède, en tout et pour tout, les deux cent dix francs de la solde, plus des dettes! de quoi rendre une femme joliment heureuse, comme vous pouvez supposer!

—Bah!—fit Rabœuf, indulgent.

Il se retournait vers le Soudanais:

—Les midships n'ont jamais roulé sur l'or. Celui-là, pas plus que les autres. Et c'est tant mieux pour nous, vieilles barbes, qui recueillons ainsi les factures laissées pour compte....