Cette fois, c'est le coup de miséricorde. Elle reste sur place, hors de combat. Et c'est lady Falkland, seule, qui me reconduit au perron. Je lui baise la main:

—Eh bien? j'espère que je sais prendre votre parti!

Mais elle paraît beaucoup moins ravie que je n'aurais pensé. Elle hoche la tête:

—Mon ami, mon ami! je vous en conjure, soyez prudent....

—Prudent? C'est vous qui prononcez ce mot-là? vous, la téméraire?

Elle hoche encore la tête, réfléchit un temps, hésite.

Au fond du jardin, j'entends des éclats de rire d'enfant.

—Téméraire, oui! s'il ne s'agissait que de moi.... Mais j'ai mon petit. Et croyez-vous que je n'aie pas à veiller sur ce rire qui sonne là-bas? Moi partie, mon petit ne rira plus, vous le savez....

Je réplique, malgré moi.

—Oui, je le sais.... Et je vous l'ai dit moi-même autrefois, quand madame Érizian nous suppliait si fort de renoncer à nos escapades. Vous m'avez défendu, alors, de jamais vous parler de prudence. Qu'y a-t-il aujourd'hui de changé?