La gare de Sirkédji. L'Orient-Express, prêt à partir.

Je quitte Stamboul et la Turquie, pour n'y jamais revenir. J'ai sollicité mon congé annuel, en attendant qu'un successeur me soit nommé à l'ambassade. Je rentre dans le rang, et j'ambitionne pour tout potage de commander un régiment, dans un trou de province française;—sur la frontière de l'Est, s'il se peut.

J'ai serré beaucoup de mains, sur le quai de la gare. Maintenant, c'est fini. Les fâcheux m'ont laissé. Je suis seul dans la petite cabine capitonnée,—ma prison pour trois jours.

Cette Turquie d'où je m'exile, elle tient à mon cœur comme ma chair tient à mes os. Je pars pourtant.... Je ne puis, n'est-ce pas? je ne puis rester là où sir Archibald Falkland est mort ... là où sa veuve va vivre désormais, libre....

J'ai attendu quinze jours pour ... pour être bien assuré que toute accusation fût abandonnée contre elle. C'est fait. Tout est donc bien.—Très bien.

Ah! le coup de sifflet. C'est comme un arrachement de tous mes nerfs....


Hors de la gare.—A gauche, voici la Marmara, ruisselante de soleil. A droite, le Vieux Sérail, et ses kiosks de marbre épars dans le bois de cyprès, et sa muraille rousse dont les créneaux s'effritent.

Et Stamboul immense....