Mehmed pacha m'écouta fort attentivement.
—Avez-vous trouvé selon vos goûts?
—Je n'ai rien trouvé du tout. Il n'y a pas, de Yénikeuy à Buyukdéré, une seule petite villa disponible. Beaucoup sont d'ailleurs tellement laides que je n'en aurais pas voulu: j'aurais craint d'y attraper un cauchemar chronique. Le modern style sévit beaucoup sur cette côte d'Europe, monsieur le maréchal.
—Oui. Mais sur la côte d'Asie?
—D'Asie?
Je m'étonnai: la côte d'Asie, au-dessus de Canlidja, n'est habitée que par des Turcs; il ne s'y trouve pas une seule maison où puisse loger un Européen. Du moins, c'est la croyance officielle de toutes les ambassades.
—Bah!—fit Mehmed en riant,—ne vous troublez pas pour si peu de chose. Une petite bicoque musulmane, trempant ses pilotis dans le Bosphore, cela vous plairait-il? La maison qu'habitait votre Pierre Loti, au temps d'Aziyadé?
—Si cela me plairait.
—Bon. Au revoir. Vous aurez bientôt de mes nouvelles.
Et hier, un cavas hérissé de revolvers et de yatagans,—il faut bien obéir à la mode,—m'apportait en cérémonie la lettre que voici: