Oh, mais elle m'agace. «Nous autres Anglais ... notre cottage....» J'ai envie de lui demander des nouvelles de son frère d'Écosse, et du cottage d'où il l'expulsa jadis....

Grâce à Dieu, voici une diversion. La porte se rouvre, et cette fois, enfin, c'est lady Falkland.

—Oh! monsieur de Sévigné! quelle bonne surprise!

Elle vient droit à moi, prompte. Un sourire de franc plaisir détend l'amertume de sa bouche. Le temps de baiser la main douce, je classe dans ma tête deux théorèmes et un corollaire:—A: Elle est vraiment contente de me revoir.—B: Elle ne savait pas que j'étais là.—B: Ses domestiques la traitent en quantité négligeable, et ne l'informent même pas des gens en visite.—C'est charmant.

Maintenant, les voilà toutes deux assises en face de moi, l'épouse et la maîtresse. Décidément, j'ai fait mon choix: je suis contre celle-ci, et pour celle-là.

Et en avant! je n'aime pas les alliances platoniques.

—Madame, est-il vrai que vous passiez l'hiver ici, comme l'été? Vous devez vous y trouver terriblement seule!

Ses yeux bruns m'examinent deux secondes. Elle a vite fait de sentir un allié.

—Oui, seule. D'autant plus qu'en hiver, le Bosphore est assez sinistre. On ne s'en douterait guère, n'est-ce pas, à le voir tout bleu et blond, comme à présent? Mais quand souffle le vent de la mer Noire, de vraies tempêtes de grêle et de neige s'abattent sur nous, et vous n'imaginez pas à quel point ces vieilles maisons turques gémissent et tremblent sous les rafales. Oui. Mais cela m'est égal. Même, elles ne me déplaisent pas, ces nuits d'hiver, noires de nuages bas, blanches de flocons, et zébrées d'éclairs....

L'autre hausse ses épaules fuyantes: