—Monsieur le colonel, je voudrais vous transmettre une invitation....

—Je suis à vos ordres, monsieur le maréchal.

Il me prit à part:

—Je n'use pas de diplomatie, vous le savez. Voici: je ne veux pas que vous jugiez notre pays sur des réceptions comme celle de ce soir.... Oh! à Dieu ne plaise que je juge mes hôtes! mais ils sont chrétiens,—et les chrétiens de Turquie ne sont pas de vrais Osmanlis. Alors, acceptez-vous de venir déjeuner, mardi prochain, chez un de mes amis, musulman? Je ne puis vous avoir chez moi, vous savez pourquoi....

—Je sais....

—Mais mon vieux compagnon le général Atik Ali pacha, qui n'a pas, lui, l'honneur redoutable d'entrer chaque matin au palais d'Yildiz, sera joyeux d'accueillir à sa table mon convive. Voulez-vous?

—Certes!

—Bon. Chez Atik Ali pacha, je vous promets au moins—bref regard vers l'homme au chemin de fer—que vous ne rencontrerez pas d'Allemand. A vous, Français, cela doit plaire.