[Note 17: Le Journal des hommes libres, continuation du Républicain (par Charles Duval et autres), commença à paraître sous ce titre à partir du 29 juin 1793.]

Je vous prie, citoyen, d'insérer dans votre feuille la note ci-jointe. Vous obligerez un concitoyen qui désire dans tous les temps vous en témoigner sa reconnaissance.

«Quelle a été ma surprise de voir dans la feuille intitulée le
Miroir
[18] la note suivante:

[Note 18: Le Miroir, rédigé par le royaliste Beaulieu, commença à paraître le 11 floréal an IV.]

«Il n'est personne dans la Révolution qui n'ait entendu parler d'un nommé Fournier l'Américain, fameux par cent expéditions révolutionnaires et notamment celle envers les prisonniers d'Orléans. Un jeune homme de Lyon, nommé Maupetit, âgé de vingt-huit ans, a consenti à se battre en duel avant-hier au bois de Boulogne avec cet individu, et a reçu une blessure mortelle.»

«Je dois répondre aux calomnies des journaux chouans, qui veulent me qualifier d'assassin, par les tournures qu'ils veulent donner dans leurs sales feuilles malheureusement publiques. Je suis fort tranquille chez moi, depuis ma sortie des prisons, il y a environ un an, détenu par la tyrannie du Comité de sûreté générale pour cause non expliquée; plus, avoir resté encore quinze mois sous la tyrannie du Comité de salut public et de sûreté générale, réputée tyrannie de Robespierre, et ce pour cause encore non expliquée.

«Enfin, il est bon que toute la France sache que j'ai été tyrannisé de cachots en cachots, dans toutes les prisons de Paris pendant trois ans, et ce sans avoir jamais été ni interrogé, ni entendu, tous mes papiers enlevés de chez moi, que je n'ai pu jusqu'à ce moment obtenir; [ce] qui prouve bien clairement que je n'ai jamais été l'assassin de personne, que bien au contraire je suis devenu la proie de tous les intrigants, voleurs, agioteurs, royalistes et calomniateurs, tels que le Miroir et autres journalistes à gages que j'ai confondus devant les tribunaux de police, notamment le Courrier, dit Républicain[19], au sujet de la dénonciation d'un nommé Malgana, mouchard de je ne sais qui.

[Note 19: Le Courrier républicain, continuation du Courrier français, avait commencé à paraître le 10 brumaire an II. Il était rédigé par un certain Auvray.]

Par conséquent, étant à sept lieues de Paris à cultiver mon jardin, je peux prouver à ce Miroir que je ne suis point le Fournier qui a eu cette affaire avec M. Maupetit, de Lyon, et qu'il n'a voulu profiter du nom de Fournier que pour me calomnier.

Enfin, quand est-ce que finiront mes tourments, depuis 1782 jusqu'à ce jour, tyrannisé sous le gouvernement royal et sous les gouvernements qui lui ont succédé, sans pouvoir obtenir justice que je ne cesse de réclamer?