Marqueté, longue queuë, une humble contenance,

Un modeste regard, & pourtant l’œil luisant,

Je le croi fort sympatisant

Avec Messieurs les Rats, car il a des oreilles

En figure aux nôtres pareilles.

[43] Idem, Tom. 1. Liv. 6. Fab. 5. pag. 143.

Qu’en dites-vous, Monsieur, ne reconnoissez-vous point à ces traits, nos préventions, la légereté de nos attachemens ? Parmi nous tout animal marqueté & velouté se fait facilement des amis. Son crédit, son faste, ses richesses lui en attirent en foule de toutes les especes. Si les hommes vouloient compter avec eux-mêmes en ce point, les uns s’avoueroient qu’ils ne suivent que leur interêt, & les autres se douteroient au moins qu’ils sont aveuglés par une sotte vanité. Le plus souvent aussi nous nous attachons, sans pouvoir justifier nos attachemens : c’est la figure, c’est la taille, c’est l’air, la démarche qui nous déterminent. Nous cedons à ces rapports inconnus qu’on nomme sympathie, enfin nous jugeons ordinairement comme le souriceau, & nous nous trompons de même.

Tous ces exemples que je viens de citer font encore moins de tort aux Rats, qu’une certaine déliberation publique contre le fameux Rodilard : parce que les défauts de quelques particuliers ne sont pas ceux de tout un corps, & que les fautes d’un corps sont celles de tous les particuliers.

[44]Un Chat nommé Rodilardus

Faisoit des Rats telle déconfiture,