Gaspard était seul alors dans la chambre de son père. D'abord il fut un peu étonné de la brusque arrivée des jambes de son oncle, que certes il n'attendait pas; mais bientôt sa surprise se changea en fous éclats de rire qui se mêlèrent à ceux de M. Minxit.

—Ohé! Gaspard, s'écria Benjamin qui l'entendait.

—Ohé! mon cher oncle, répondit Gaspard.

—Traîne jusqu'ici le fauteuil de cuir de ton père, et mets-le sous mes pieds, je t'en prie, Gaspard.

—Je n'en ai pas le droit, répliqua le drôle, ma mère a défendu qu'on montât dessus.

—Veux-tu bien m'apporter ce fauteuil, maudit porte-croix!

—Ôtez vos souliers, et je vous l'apporterai.

—Et comment veux-tu que j'ôte mes souliers? mes pieds sont au rez-de-chaussée et mes mains au premier étage.

—Eh bien! donnez-moi une pièce de vingt-quatre sous pour me payer de ma peine.

—Je t'en donnerai une de trente, mon bon Gaspard, mais de suite le fauteuil, je t'en prie, mes bras ne tiennent plus à mes épaules.