—Alors le bras valide m'appartient; tout ce que je puis faire pour toi, c'est de te permettre de te tenir à ma queue, et tu prendras garde de défaire le ruban. Si cela t'arrange mieux, monte sur le dos du caniche.
—Messieurs, dit le sergent, pourquoi chercher si loin ce qui est tout près de vous? Moi j'ai deux bons bras que le boulet a heureusement épargnés, je les mets à votre disposition.
—Vous êtes un brave homme, sergent, dit mon oncle prenant le bras droit du vieux soldat.
—Un excellent homme, dit mon grand-père prenant le bras gauche.
—Je me charge de votre avenir, sergent.
—Et moi aussi, sergent, je m'en charge, quoique, à vrai dire, toute charge dans ce moment-ci…
—Je vous apprendrai à arracher les dents, sergent.
—Et moi, sergent, j'enseignerai à votre caniche à être garnisaire.
—Dans trois mois, vous serez dans le cas de courir les foires.
—Dans trois mois votre caniche, s'il se conduit bien, pourra gagner trente sous par jour.