— Tout vient à point à qui sait attendre. »

Les connaissances assez limitées du Chasseur lui faisaient particulièrement apprécier les proverbes et les phrases toutes faites.

« Nous venons d’une planète satellite d’une étoile que je pourrais vous montrer, mais dont j’ignore le nom dans votre langue. Je ne suis pas un être comme vous et crains que vos connaissances en biologie soient trop limitées pour que je puisse vous donner une explication satisfaisante. Toutefois, vous connaissez sans doute la différence qui existe entre un protozoaire et un virus. De même que les grosses cellules nucléaires qui forment votre corps ont évolué à partir du protozoaire, les miennes ont leur origine dans la plus petite des créatures vivantes et que vous appelez virus. Vous savez déjà tout cela, car dans le cas contraire je ne pourrais évidemment pas employer votre propre appellation. Mais peut-être vos connaissances sont-elles un peu vagues sur cette question ?

— Non, répliqua Bob à voix haute, mais je croyais que les virus étaient en fait des éléments liquides.

— Dans l’ordre de grandeur qui est le mien cette distinction est absolument minime. En fait mon corps n’a pas de forme définie et si vous pouviez m’apercevoir vous songeriez immédiatement à une amibe. Bien que d’après vos mesures je sois infiniment petit, mon corps renferme des milliers de fois plus de cellules que le vôtre.

— Pourquoi ne vous montrez-vous pas ? Et tout d’abord, où êtes-vous ? »

Le Chasseur négligea de répondre à cette question, et reprit :

« À cause de notre structure minuscule et sans consistance, nous trouvons souvent dangereux et peu pratique de nous déplacer et de travailler seuls. C’est pourquoi, nous avons acquis l’habitude de nous adjoindre des créatures beaucoup plus grandes que nous. En réalité, nous vivons dans leur corps. Nous sommes à même de le faire, sans nuire le moins du monde à l’être qui nous porte, car nous sommes capables de nous glisser dans le moindre espace libre et, de plus, nous nous rendons utiles en détruisant les germes de maladies et autres organismes nuisibles qui peuvent se glisser dans le corps. Ainsi notre allié jouit-il d’une santé nettement plus florissante que si nous n’existions pas.

— C’est passionnant cette histoire. Croyez-vous pouvoir faire de même avec les créatures vivant sur cette Terre ? Quels sont donc ces êtres qui vous servent de domicile ? »

Cette question était exactement celle que le Chasseur voulait s’entendre poser et il commença à répondre point par point à tout ce que Bob avait demandé.