— Certainement, répondit Bob en s’efforçant toujours de dissimuler son anxiété. Les avez-vous là ? »

Le docteur se leva de son fauteuil et alla fouiller dans un autre placard d’où il retirait de temps en temps un gros volume qu’il feuilletait rapidement.

« Il y a pas mal de choses là-dedans, mais je crains que ce ne soit un peu trop technique. Vous pouvez le prendre si vous voulez. J’avais un autre ouvrage qui aurait été de loin meilleur pour vous, parce que beaucoup plus simple et plus vivant, mais je l’ai déjà prêté.

— À qui ?

— À l’un de vos amis ; le jeune Norman Hay. Il s’intéresse énormément à la biologie depuis quelque temps. Sans doute vous a-t-on déjà dit qu’il avait essayé de se rendre à Tahiti pour voir le muséum. Je me demande s’il espère me remplacer un jour. Enfin il a le volume depuis plusieurs mois déjà et vous pouvez le lui réclamer de ma part.

— Je vous remercie, docteur, et je n’y manquerai pas, répondit Bob de son ton le plus naturel. Mais ne pourriez-vous pas me dire tout de suite en gros ce que vous savez sur la séparation chimique des virus dont vous venez de me parler ? Je trouve curieux que l’on identifie une créature vivante par des procédés chimiques.

— Je vous ai déjà dit que l’on n’était pas certain que les virus fussent vivants. Pourtant il n’y a absolument rien d’extraordinaire dans les expériences dont vous parlez. Vous savez ce que sont les sérums ?

— Oui… et jusqu’à présent j’ai toujours cru qu’il s’agissait de substances que l’on employait pour guérir les gens de certaines maladies.

— C’est effectivement le cas le plus fréquent. Cependant on peu les considérer également comme des moyens de renseignement chimique. Les tissus de certaines créatures essaient de repousser et de détruire des sérums issus des mêmes tissus d’autres créatures. Vous pouvez très bien habituer un animal au sérum humain par exemple, puis d’après les réactions qui se produisent entre le sérum de cet animal et un élément inconnu, il est facile de découvrir si la substance inconnue provient de tissus humains ou non. Évidemment, les détails peuvent varier à l’infini, mais c’est une façon très précise de savoir si une trace de sang ou de toute autre substance provient d’un homme ou d’un animal.

— Je comprends, dit Bob les sourcils froncés, parle-t-on de ces questions dans ce volume ?