Il était alors quatre heures et demie, ce qui laissait assez de temps avant le dîner pour poursuivre l’exploration des récifs, mais le cœur n’y était plus. Ils décidèrent alors de ramer jusqu’à l’appontement distant de deux bons kilomètres.
« On ne trouvera pas grand monde là-bas, remarqua Hay d’un ton calme. Il n’y aura pas de bateau avant une semaine. »
Sur le moment personne ne répondit, car tous avaient une idée en tête, mais par la suite, Hay entendit souvent parler de sa phrase que tous trouvèrent anodine sur le moment.
Le Chasseur entendit la remarque comme les autres sans y attacher beaucoup d’importance, car il était trop préoccupé. Il avait, en effet, reconnu une enveloppe de générateur qui ne provenait pas de son engin.
XII
LA CHUTE
Ils ramèrent pendant une demi-heure dans un silence à peu près complet, car tous avaient eu très peur ; mais lorsque Norman Hay fit une remarque au sujet de son aquarium la conversation reprit de plus belle.
« Nous trouverons peut-être quelque chose là-bas pour enlever le bouchon de ciment que j’ai mis dans mon aquarium, dit-il.
— Il te faudra un instrument solide, répondit Tout-Petit, car le ciment sous-marin durcit très vite. C’est ce qui a été employé pour l’appontement et on ne voit aucune marque sur le quai, même à l’endroit où s’amarrent les bateaux.
— Aucun navire ne vient toucher le quai à moins d’un accident, fit remarquer Rice assis à l’avant. Ce qui n’empêche pas Norman d’avoir raison quand il dit qu’il te faudra des outils solides. En tout cas chez moi, je ne vois rien qui puisse faire l’affaire.