Bob fut assez surpris en rentrant chez lui de voir que son père était déjà à table.
« Je suis donc si en retard ? demanda-t-il un peu inquiet, en pénétrant dans la salle à manger.
— Non, mon petit, tu es à l’heure, c’est très bien, mais je suis rentré plus tôt pour manger un morceau en vitesse. Il faut que je retourne au réservoir. Nous voulons absolument terminer ce soir la paroi du fond et je dois assister à la coulée du béton. Comme cela, tout aura le temps de sécher durant la journée de dimanche.
— Je peux venir avec toi, papa ?
— On ne fera rien avant minuit de toute façon. Et si cela t’amuse tu peux venir nous retrouver. Avec un peu de chance et si tu demandes poliment la permission à ta mère, elle te laissera partir et ira même jusqu’à doubler la ration de sandwiches qu’elle prépare en ce moment. »
Bob se précipita en trombe vers la cuisine mais fût arrêté net en route par la voix de sa mère qui déclarait :
« Ça va encore pour cette fois, mais dès que tu seras de nouveau en classe, ces petites plaisanteries seront terminées.
— D’accord ! »
Bob s’installa en face de son père et l’interrogea pour avoir d’autres détails sur ce qui allait se passer. Entre deux bouchées, M. Kinnaird s’efforçait de satisfaire la curiosité de son fils. Bob n’avait pas songé à demander où se trouvait la Jeep et il y pensa brusquement en entendant des appels répétés de klaxon. Ils sortirent ensemble, mais une seule place était encore disponible dans la voiture où avaient déjà pris place les pères de Hay, de Colby, de Rice et de Malmstrom. M. Kinnaird se tourna alors vers son fils :
« J’ai oublié de te dire que tu seras obligé d’aller là-bas à vélo. Et puis il faudra que tu reviennes à pied, car ton éclairage ne marche pas et je suppose que tu ne l’a pas encore réparé. Tu viens quand même ?