Le docteur garda le silence pendant une ou deux minutes, puis demanda :

« Est-ce qu’une aventure de ce genre t’est déjà arrivée précédemment ? Au collège, par exemple ?

— Eh bien… » Bob ne songea pas un instant à prétendre ne pas avoir compris la question du docteur et répondit :

« Si, j’ai eu cela. » Il étendit le bras, profondément entamé le soir où le Chasseur avait essayé d’entrer en communication avec lui pour la première fois. En silence le docteur examina la cicatrice qui, maintenant, était à peine visible.

« Il y a combien de temps de cela ?

— À peu près trois semaines. »

De nouveau le silence les enveloppa et Bob se demandait avec inquiétude ce qui se passait dans l’esprit du docteur. Le Chasseur avait déjà compris que l’autre savait tout sur son compte.

« Tu as sans doute découvert qu’il y avait quelque chose d’anormal en toi. Quelque chose qui te dépasse et que tu ne comprends pas. Tu as dû t’apercevoir que des blessures qui, normalement, réclamaient des points de suture, n’ont laissé chez toi que la trace d’une égratignure. Un accident comme celui qui t’est arrivé hier aurait dû te tenir couché pendant des mois, et aujourd’hui tu boites simplement. Qu’est-ce qui a pu germer dans ton corps pendant que tu étais au collège ? Tu ne le sais naturellement pas.

— Vous êtes sur la voie, docteur, mais je connais la raison de cette guérison rapide. »

Le Rubicon franchi, Bob raconta rapidement toute son histoire que le médecin écouta dans un silence attentif. Il posa alors quelques questions.