Quelqu’un montait l’escalier : Thérèse sourit de joie. Le docteur rentrait. Il ouvrit la porte, serra très fort la main de Dina, et, câlinement, étreignit sa femme. Les visites de la matinée l’avaient exténué :
— Je meurs de faim !
Et l’on devinait son plaisir à retrouver sa maison jolie, le déjeuner prêt et sa femme si tendre. Mais Thérèse, désolée, s’écria :
— Ah ! mon pauvre chéri ! mon pauvre chéri !
— Qu’y a-t-il ?
Et, comme on passait à la salle à manger, elle lui expliqua les erreurs de Rose ; elle récita tout le menu malencontreux : la purée d’oignons, la langouste, le poulet chaud…
Un vrai désappointement, une expression de colère, puis une résignation maussade se reflétèrent tour à tour sur la physionomie de Guéméné. Dina l’entendit murmurer ce mot qu’il n’avait pu retenir :
— Ah zut !
Puis il rit de sa propre déconvenue, et, voyant le chagrin de Thérèse :
— Allons, allons, ce n’est rien ; je mangerai des hors-d’œuvre. Qu’on me mette des œufs.