Il fit le tour de la table et vint tout près d'elle, tremblant d'indignation :
"Non! Je te défends, m'entends-tu bien, je te défends de m'abîmer ma
Nounoune!"
Elle recula vers le fond de la chambre en balbutiant :
"Comment ça?… Comment ça?…"
Il la suivait, comme prêt à la châtier :
"Oui! Est-ce que c'est ainsi que Nounoune doit parler? Qu'est-ce que c'est que ces manières? Des sales petites injures genre madame Peloux, maintenant? Et ça sort de toi, toi Nounoune!…"
Il rejeta la tête en arrière orgueilleusement :
"Moi, je sais comment doit parler Nounoune! Je sais comment elle doit penser! J'ai eu le temps de l'apprendre. Je n'ai pas oublié le jour où tu me disais, un peu avant que je n'épouse cette petite : "Au moins ne sois pas méchant…. Essaie de ne pas faire souffrir…. J'ai un peu l'impression qu'on laisse une biche à un lévrier…." Voilà des paroles! Ça, c'est toi! Et la veille de mon mariage, quand je me suis échappé pour venir te voir, je me rappelle, tu m'as dit…."
La voix lui manqua, tous ses traits s'éclairèrent au feu d'un souvenir :
"Chérie, va…."