—Je n’aime personne, Antoine.

—C’est vrai?

—C’est vrai.

Il dévore, front baissé, une joie et une amertume égales. Elle a dit: «Je n’aime personne» mais elle n’a pas dit qu’elle aimait Antoine...

—Tu es bien gentille, tu sais... je suis content... Tu ne m’en veux plus?

—Pourquoi est-ce que je t’en voudrais?

—À cause... à cause de tout. Un moment, je voulais tout faire sauter... mais ce n’est pas parce que je t’aimais moins, au contraire! Tu ne peux pas comprendre ça, toi...

—Pourquoi donc?

—Ce sont des idées d’homme qui aime, dit-il simplement.

Minne tend hors du lit une amicale petite main: